Découvertes de pétrole au plus bas depuis 1952-Morgan Stanley

lundi 23 mai 2016 15h21
 

LONDRES, 23 mai (Reuters) - Les découvertes de gisements de pétrole en 2015 sont tombées à leurs plus bas niveaux depuis 1952, les grandes compagnies ayant réduit leurs dépenses d'exploration à la suite de la chute des cours du brut, ce qui pourrait créer une pénurie à terme, écrivent les analystes de Morgan Stanley.

L'industrie du pétrole et du gaz a découvert 2,8 milliards de barils en dehors des Etats-Unis l'an dernier, l'équivalent d'un mois de consommation mondiale, précise la banque qui cite les chiffres du cabinet de consultants Rystad Energy.

En incluant les Etats-Unis, où le développement du pétrole de schiste a libéré d'importantes réserves au cours des dix dernières années, les découvertes au niveau mondial ont atteint 12,1 milliards de barils l'an dernier, leur plus bas niveau depuis 1952 quand la production était sept fois moins importante qu'aujourd'hui.

La chute des cours du pétrole ces deux dernières années a incité les grandes compagnies, dont Exxon Mobil et Royal Dutch Shell, a réduire drastiquement leurs budgets, notamment dans l'exploration où les dépenses ont été ramenées l'an dernier à environ 95 milliards de dollars, contre 168 milliards deux ans auparavant, poursuit Morgan Stanley.

Compte tenu des découvertes importantes des années précédentes et de l'augmentation de la production iranienne après la levée des sanctions internationales, l'impact à court terme de la faiblesse de l'exploration devrait être limité.

Mais même dans l'hypothèse la plus basse en termes de demande mondiale, à 86 milliards de barils par jour en 2030, dans le cadre de l'accord visant à limiter à moins de deux degrés Celsius la hausse des températures par rapport à leurs niveaux de la période pré-industrielle, seuls deux tiers de la demande peut être satisfaite avec les gisements actuellement actifs et les réserves en cours de développement, note Morgan Stanley.

"Créer cette capacité sur les 25 années à venir exigera de poursuivre les investissements. Nous sommes convaincus que ce sera plus que ce que les compagnies dépensent actuellement, même dans le scénario des 2 degrés qui fait baisser la demande." (Ron Bousso, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Bertrand Boucey)