LEAD 1-Le Parlement grec adopte de nouvelles réformes avant l'Eurogroupe

dimanche 22 mai 2016 22h28
 

(Actualisé avec Tsipras, manifestation, précisions)

ATHENES, 22 mai (Reuters) - Le Parlement grec a adopté dimanche une loi alourdissant la fiscalité, libéralisant la vente des prêts bancaires douteux et créant un nouveau fonds de privatisation pour convaincre ses créanciers de débloquer une nouvelle tranche d'aide et d'entamer les négociations sur l'allègement de la dette.

Les députés grecs ont voté cette réforme très contestée à deux jours d'une réunion capitale de l'Eurogroupe qui décidera si la Grèce remplit les conditions qui lui ont été fixées et alors que des centaines de manifestants étaient rassemblés devant la Vouli pour dénoncer ce nouveau tour de vis.

"Les Grecs ont déjà payé un prix élevé mais c'est sans doute la première fois que la possibilité que ces sacrifices soient les derniers est si évidente", a déclaré le Premier ministre Alexis Tsipras aux députés avant le vote.

Le gouvernement ne dispose que d'une courte majorité de 153 députés (sur 300), qui ont tous voté en faveur des réformes à l'exception d'un élu qui a approuvé le texte dans son ensemble mais rejeté certains articles du projet de loi.

La réforme fiscale prévoit une hausse d'un point du taux de TVA, qui va passer à 24%, ainsi que des taxes supplémentaires sur l'essence, le tabac, l'utilisation d'internet et la propriété foncière.

"C'est un désastre", a estimé Panayiotis Kehris, un homme d'affaires de 60 ans qui manifestait devant le Parlement. "Nous allons devoir réduire toutes nos dépenses, de l'alimentation aux déplacements en voiture."

Pour apaiser la colère populaire, Alexis Tsipras a déclaré aux députés qu'à chaque fois qu'Athènes dépasserait son objectif d'excédent primaire annuel, le surplus budgétaire servirait à abonder un fonds de solidarité sociale. Quelque 700 millions d'euros y seront versés cette année, a-t-il précisé.

Les négociations entre la Grèce et ses créanciers durent depuis des mois en raison, notamment, de désaccords entre l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI) sur les progrès réalisés par Athènes et sa réticence à adopter de nouvelles mesures impopulaires.   Suite...