L'UE reporte encore un vote clé sur le glyphosate

jeudi 19 mai 2016 15h23
 

BERLIN/BRUXELLES, 19 mai (Reuters) - L'Union européenne (UE) a reporté jeudi un vote très attendu sur le renouvellement de l'autorisation du glyphosate, un pesticide au centre d'une controverse sur son caractère cancérigène.

Les experts des 28 pays membres de l'UE étaient censés se prononcer sur un projet dont Reuters avait pris connaissance et qui prévoyait de prolonger de neuf ans l'autorisation de cet herbicide, communément employé par les agriculteurs et les jardiniers et qui entre notamment dans la composition du Roundup du groupe américain Monsanto.

Des sources au sein de l'Union ont expliqué que le report était lié au fait que ni la France, ni l'Allemagne n'auraient voté pour la prolongation. Sans le soutien de ces deux poids lourds de l'UE, la Commission ne dispose en effet pas de la majorité nécessaire pour adopter une décision.

"Puisqu'il était évident que la majorité qualifiée n'aurait pas été atteinte, le vote n'a pas eu lieu", a dit une porte-parole de la Commission européenne.

Alors que l'autorisation actuelle du glyphosate dans l'Union doit expirer fin juin, Bruxelles avait déjà repoussé une première fois le vote en mars avant de ramener la durée de la nouvelle autorisation envisagée de 15 à neuf ans.

Berlin prévoyait de s'abstenir jeudi, les ministères allemands concernés étant divisés sur le sujet. La France, elle, s'apprêtait à voter contre et la ministre de l'Environnement, Ségolène Royal, s'est félicitée du retrait du projet de prolongation.

Elle a rappelé dans un communiqué avoir déjà interdit la vente du Roundup de Monsanto en libre-service pour les jardiniers amateurs et son utilisation dans les espaces publics par les collectivités locales.

Le mois dernier, le Parlement européen avait recommandé que le glyphosate ne soit approuvé que pour sept ans et son utilisation interdite dans les espaces publics.

Le glyphosate a été classé l'an dernier "cancérigène probable" par le CIRC, instance de l'Organisation mondiale de la santé spécialisée dans le cancer.

Lundi, un nouvel examen mené par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a toutefois conclu qu'il n'était "probablement pas" cancérigène. (Alissa de Carbonneln avec Michelle Martin à Berlin; Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)