USA-Plainte contre 5 banques pour manipulation de cours

jeudi 19 mai 2016 10h33
 

NEW YORK, 19 mai (Reuters) - Une plainte au civil a été déposée mercredi devant la justice américaine contre cinq grandes banques internationales et quatre traders soupçonnés d'entente pour manipulation des cours sur le marché mondial des obligations para-souveraines.

Bank of America, Crédit Agricole, Credit Suisse, Deutsche Bank et Nomura Holdings sont accusées d'avoir conclu une entente secrète pour élargir les écarts de prix "bid-ask" (à la vente et à l'achat) fournis à leurs clients sur le marché des obligations d'émetteurs supranationaux, sous-souverains et des agences (SSA).

La plainte, déposée devant une cour fédérale de Manhattan par le fonds de pension Boston Retirement System, affirme que l'entente, qui remontait au moins à 2005, était coordonnée par le biais de forums de discussions en ligne (chatrooms) et de messageries instantanées, et qu'elle avait pour conséquence de faire surpayer aux investisseurs les obligations SSA qu'ils achetaient ou sous-payer celles qu'ils vendaient.

Cette plainte, qui pourrait donner lieu à une action en nom collectif (class action), intervient après l'ouverture d'enquêtes des autorités de la concurrence aux Etats-Unis et dans l'Union européenne sur des soupçons de manipulation des cours des obligations SSA.

IFR, un service spécialisé de Thomson Reuters, avait rapporté en janvier que ces enquêtes visaient les traders Hiren Gudka, de Bank of America, Bhardeep Singh Heer (Nomura), Amandeep Singh Manku (Crédit Agricole) et Shailen Pau (Credit Suisse).

Bank of America, Credit Suisse, Deutsche Bank et Nomura ont refusé de commenter ces informations, que ce soit en leur nom propre ou au nom des traders qui ont travaillé pour elles. Crédit Agricole n'a pas répondu dans l'immédiat à une demande de commentaire.

Gudka avait auparavant travaillé pour Deutsche Bank, Manku pour Bank of America et Pau pour Crédit Agricole, précise la plainte.

Cette dernière est l'un des multiples dossiers en cours à Manhattan sur des soupçons de manipulations de cours sur les marchés obligataires, de devises, de matières premières, de dérivés et de taux.

Dans l'un de ces dossiers concernant le marché des CDS (credit default swaps), une dizaine d'établissements ont accepté en septembre dernier de verser un total de 1,86 milliard de dollars (1,66 milliard d'euros) dans le cadre d'un accord négocié.

(Jonathan Stempel, Marc Angrand pour le service français, édité par Marc Joanny)