Chimie-Bayer fait une offre préliminaire sur Monsanto

jeudi 19 mai 2016 07h49
 

NEW YORK, 19 mai (Reuters) - Le géant chimique et pharmaceutique allemand Bayer a annoncé jeudi avoir soumis une offre préliminaire de rachat de l'américain Monsanto , numéro un mondial des semences, ce qui serait une nouvelle étape dans le mouvement de concentration en cours du secteur de l'agrochimie.

Après avoir, dans un premier temps, qualifié de "spéculation débridée" les informations faisant état de l'intérêt de Bayer, mais aussi d'un autre allemand BASF, Monsanto a fait état dans la nuit de mercredi à jeudi de la proposition faite par Bayer.

Les deux entreprises n'ont, ni l'une ni l'autre, fait état de termes d'un éventuel rapprochement.

Comme Monsanto pèse actuellement quelque 42 milliards de dollars (37,5 milliards d'euros) en Bourse, une éventuelle acquisition du groupe américain se ferait à un prix plus élevé que les 43 milliards de dollars mis la table par le chinois ChemChina pour s'emparer du suisse Syngenta.

Le géant américain avait tenté l'an dernier de racheter Syngenta avant que ce dernier n'accepte l'offre de ChemChina.

Dans un contexte de stocks élevés et de cours de matières premières déprimés, le secteur de l'agrochimie est en pleine concentration, comme l'illustre également la fusion en cours entre DuPont et Dow Chemical.

Selon des informations obtenues par Reuters auprès de sources au mois de mars, Monsanto envisageait d'acquérir la branche agrochimie de Bayer, valorisée à plus de 30 milliards de dollars.

Bayer, dont la capitalisation boursière est 80,4 milliards d'euros, est le numéro deux mondial de l'agrochimie avec 18% du marché, juste derrière Syngenta (19%). Monsanto est le leader des semences avec 26% du marché, devant DuPont (21%).

Dans un communiqué, Monsanto a dit que son conseil d'administration passait en revue la proposition de Bayer, ajoutant que rien ne garantissait qu'un rapprochement ait effectivement lieu.

De son côté, Bayer a dit que certains de ses dirigeants avaient récemment rencontré leurs homologues de chez Monsanto pour discuter d'une offre de rachat négociée. (Greg Roumeliotis, Benoit Van Overstraeten pour le service français)