AVANT-PAPIER-Tokyo isolé sur les changes avant la réunion du G7

mardi 17 mai 2016 12h35
 

par Leika Kihara et Tetsushi Kajimoto

TOKYO, 17 mai (Reuters) - Les espoirs du Japon d'orchestrer une action coordonnée du G7 dont il assure la présidence pour relancer une économie mondiale à la peine se heurtent aux divergences entre les pays membres sur les questions de politique budgétaire ou de change et Tokyo risque même de se retrouver sur la sellette pour sa gestion du yen.

Le secrétaire d'Etat américain au Trésor, Jack Lew, la présidente de la Réserve fédérale américaine, Janet Yellen, et le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, se retrouveront avec leurs homologues ministres des Finances et banquiers centraux du G7 pour une réunion de deux jours, les 20 et 21 mai, à Sendai dans le nord du Japon.

Le Japon n'est pas parvenu à surmonter ses différents avec les Etats-Unis au sujet du yen, Washington ignorant les inquiétudes manifestées par Tokyo face à la récente appréciation de la devise japonaise face au dollar et plaidant au contraire contre les interventions sur le marché des changes.

Ce désaccord servira de toile de fond à la réunion des grands argentiers du Groupe des Sept (Etats-Unis, Canada, Japon, Allemagne, France, Italie et Grande-Bretagne), qui devrait au mieux réaffirmer l'importance de la stabilité des taux de change.

Il n'y a pas plus de consensus sur les mesures de relance budgétaires qui permettraient de soutenir l'activité économique mondiale, l'Allemagne se montrant toujours très réticente en dépit des appels pressants du Japon et des Etats-Unis pour qu'elle augmente ses dépenses.

Les responsables économiques japonais se sont employés à canaliser les attentes des investisseurs, déclarant que Tokyo n'avait jamais eu comme objectif de parvenir à un accord sur une réponse budgétaire coordonnée à la faiblesse persistante de la croissance mondiale.

Ils ont souligné que de telles initiatives ne sont envisageables qu'en temps de crise majeure comme celle qui a suivi la faillite de la banque d'investissement Lehman Brothers en 2008.

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