Brésil-Temer veut un projet de réforme des retraites d'ici 30 jours

mardi 17 mai 2016 02h28
 

BRASILIA, 17 mai (Reuters) - Le président brésilien par intérim, le centriste Michel Temer, s'est entendu lundi avec certains des dirigeants syndicaux en disant vouloir aboutir d'ici un mois à un projet de réforme du système des retraites.

L'ex-vice-président, arrivé au pouvoir jeudi dernier quand le Sénat a suspendu par un vote la présidente Dilma Rousseff, s'est engagé à combler un vide budgétaire équivalant plus de 10% du PIB l'an dernier. Il faudra pour cela modifier en profondeur le coûteux système des retraites, par exemple en relevant l'âge minimum de départ à la retraite.

Les participants aux discussions de lundi, qui étaient boycottées par la plus grande centrale syndicale du pays (la CUT, forte de 25 millions d'adhérents), sont convenus de créer un groupe de travail sur la réforme des retraites, qui comprendra deux syndicalistes et disposera de 30 jours pour présenter ses conclusions. La CUT a décidé de boycotter la rencontre car elle ne reconnaît pas la légitimité du gouvernement de transition présidé par Temer.

Les syndicats ont recommandé jusqu'à présent au gouvernement de légaliser les jeux d'argent, afin d'accroître les recettes fiscales.

Les syndicats demeurent catégoriquement opposés à une réforme globale des retraites et Michel Temer court le risque de les liguer contre son gouvernement, en place depuis que Dilma Rousseff a été renvoyée devant la justice pour des accusations de maquillages budgétaires.

"Temer n'a pas pris position lors de la réunion", a expliqué Antonio Netto, qui dirige la fédération syndicale CSB. "Ses ministres n'ont pas fait une seule proposition. Temer s'est borné à dire qu'il était pressé et voulait un projet dans 30 jours".

A la réunion étaient aussi présents Ricardo Patah, à la tête de l'UGT, la deuxième centrale syndicale du pays avec 8,5 millions d'adhérents, ainsi que le membre du Congrès Paulinho Pereira da Silva, grand adversaire de Rousseff qui a soutenu sa destitution et représentait, lundi, le mouvement Força Sindical.

Les dirigeants syndicaux ont demandé à ce que les droits des salariés ne soient pas remis en cause et ont dit qu'ils ne débattraient de modifications au système des retraites que si elles s'appliquaient aux nouveaux salariés arrivant sur le marché du travail. (Lisandra Paraguassu et Alonso Soto; Eric Faye pour le service français)