John Kerry invite les banques européennes à traiter avec l'Iran

vendredi 13 mai 2016 04h18
 

LONDRES, 13 mai (Reuters) - Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a assuré aux banques européennes qu'elles ne devaient pas craindre de reprendre des relations commerciales avec l'Iran, sous réserve des vérifications d'usage sur leurs partenairs commeciaux et d'une activité "légitime".

Les banques européennes, dont certaines ont été sanctionnées dans le passé pour avoir enfreint les sanctions imposées à l'Iran, sont sceptiques à l'idée de renouer des relations commerciales avec le pays. Elles se sont montrées très prudentes depuis la levée de certaines sanctions en janvier.

"Nous voulons dire clairement que des activités légitimes, qui sont définies de manière claire dans l'accord, sont accessibles aux banques", a dit jeudi le secrétaire d'Etat en marge de la conférence contre la corruption organisée par le Premier ministre britannique David Cameron à Londres.

Neuf dirigeants des premières banques européennes étaient présents aux côtés du secrétaire au Foreign Office Philip Hammond, de l'émissaire américain au Commerce en Iran Norman Lamont et du secrétaire d'Etat iranien au commerce Sajid Javid.

Le président du directoire de Deutsche Bank, John Cryan, le patron des opérations britannique de HSBC Antonio Simoes, ainsi que David Mathers, directeur financier du Credit Suisse faisaient partie des partisans.

Des responsables de Standard Chartered et BNP Paribas, deux établissements qui ont été condamnés à des amendes de plusieurs milliards de dollars pour avoir enfreint les restrictions commerciales, étaient aussi présents.

Dans le cadre de l'accord de Vienne de juillet 2015, l'Iran a accepté de limiter ses activités nucléaires en échange d'une levée des sanctions internationales à son encontre.

Mais les banques américaines ont toujours interdiction de commercer avec l'Iran, directement ou indirectement, dans le cadre de sanctions distinctes imposées par Washington à Téhéran pour soutien au terrorisme et violations des droits de l'homme.

Les Etats-Unis interdisent par ailleurs aux banques étrangères de régler leurs transactions en dollars avec l'Iran par l'intermédiaire d'une banque américaine.

Il n'est pas certain que les encouragements de John Kerry suffisent à rassurer les banques européennes.

La Société générale a déclaré qu'étant donné les "incertitudes persistantes", le groupe français ne comptait pas reprendre d'activités commerciales avec l'Iran. "Les différences entre les systèmes américain et européen entraînent des risques opératoires pour les établissements financiers", ajoute la banque. (David Brunnstrom; Julie Carriat pour le service français, édité par Danielle Rouquié)