La BCE demande aux banques leur plan d'urgence en cas de Brexit

mardi 10 mai 2016 16h11
 

par Arno Schuetze

FRANCFORT, 10 mai (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) a demandé aux grandes banques de la zone euro de lui préciser les dispositions qu'elles prendraient dans le cas d'une sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne (UE), a-t-on appris de plusieurs sources proches du dossier.

La Grande-Bretagne est la cinquième économie mondiale et la deuxième de l'UE et beaucoup de banques de la zone euro y sont très actives.

Une source d'une grande banque allemande a expliqué que la BCE avait demandé des renseignements sur son exposition à la livre sterling, ainsi que l'exposition aux marchés britanniques de ses activités boursières, obligataires et de crédit.

"On nous a aussi demandé dans quelle mesure un Brexit affecterait notre 'business model'", a ajouté la source.

Elle a ajouté que la banque n'anticipait que des répercussions négligeables d'un éventuel Brexit et n'avait jusqu'à présent pris aucune disposition particulière, si ce n'est de s'assurer que ses équipes de trading puissent assumer la forte volatilité prévisible au lendemain du référendum du 23 juin.

La BCE pose aux banques ce genre de question plus librement qu'elle ne le pouvait dans l'éventualité d'un "Grexit", une sortie de la Grèce de la zone euro, dans la mesure où la Grande-Bretagne ne fait pas partie de cette dernière.

Lors de la crise de la grecque dette, la banque centrale avait été discrète sur les dispositions envisagées dans le cas d'un Grexit, consciente des implications politiques que cela aurait pu induire pour l'union monétaire.

Des personnes participant au dispositif "Brexit" d'autres banques allemandes ont dit que les discussions avec la BCE avaient également porté sur des thèmes tels que le financement de l'import-export et les prêts accordés à des entreprises britanniques ou allemandes très présentes en Grande-Bretagne.

Nils Beier, un responsable du cabinet de conseil Accenture, qui a eu des nombreuses discussions avec des banques à ce sujet, a dit que la plupart réexaminaient attentivement leurs positions et s'employaient à les couvrir pour éviter des pertes de trading.

(Avec Balazs Koranyi, Jonathan Gould et Toby Sterling; Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Angrand)