LEAD 2-UniCredit continue d'inquiéter malgré son bénéfice

mardi 10 mai 2016 18h49
 

(Actualisé avec déclarations, précisions sur les ratios de fonds propres)

par Silvia Aloisi

MILAN, 10 mai (Reuters) - UniCredit n'est pas parvenue mardi à dissiper les inquiétudes sur sa solidité financière malgré l'annonce d'un bénéfice net supérieur aux attentes au premier trimestre, ce qui a valu au titre une sanction à la Bourse de Milan.

La banque italienne a certes abaissé ses coûts et ses provisions pour créances douteuses sur les trois premiers mois de 2016 mais son résultat a été amputé par des charges de restructuration en Autriche et en Italie et, surtout, elle a affiché un ratio de fonds propres en baisse, ce qui n'a en rien atténué la pression sur les épaules de son administrateur délégué, Federico Ghizzoni.

"Je suis serein, c'est aux actionnaires et au conseil d'administration de décider des changements de dirigeants", a dit ce dernier à la presse après la publication des résultats.

Le mécontentement des investisseurs à l'égard de Federico Ghizzoni se reflète dans la piètre performance boursière d'UniCredit, dont le titre a perdu 53% sur l'année écoulée. Cette chute est alimentée par les inquiétudes relatives à l'ampleur des créances douteuses détenues par l'établissement, qui, à 80 milliards d'euros, sont les plus lourdes parmi les grandes banques européennes, et à ses niveaux de fonds propres, qui nourrissent les craintes d'une augmentation de capital.

Le ratio de fonds propres CET 1 "fully-loaded" (calculé à partir des règles qui entreront en vigueur en 2019) s'est légèrement dégradé au premier trimestre, passant de 10,94% à fin 2015 à 10,85% à fin mars. Son homologue italienne Intesa Sanpaolo affiche pour sa part un ratio de 13,1%.

UniCredit explique cette dégradation par une augmentation du poids de ses actifs pondérés du risque en raison de la hausse des prêts distribués.

Le ratio de fonds propres CET 1 actuellement pris en compte se trouve à 10,5%, soit juste au-dessus du seuil de 10% imposé par la Banque centrale européenne.   Suite...