LEAD 1-Grève générale en Grèce avant le vote de réformes impopulaires

vendredi 6 mai 2016 15h53
 

(Actualisé avec Tsipras)

ATHENES, 6 mai (Reuters) - Les Grecs ont entamé vendredi une grève générale de 48 heures à l'appel des principaux syndicats du secteur privé et de la fonction publique pour protester contre les très impopulaires réformes fiscale et des retraites que le Parlement devrait voter dimanche sous la pression des créanciers d'Athènes.

La Grèce a un besoin urgent de liquidités pour rembourser environ cinq milliards d'euros de dette arrivant à échéance d'ici à la mi-juillet et espère ainsi convaincre ses partenaires européens, dont les ministres des Finances se réuniront lundi, qu'elle est capable de tenir ses engagements budgétaires.

Les bateaux sont restés au port vendredi matin, les transports publics étaient fortement perturbés et les bâtiments publics fermés au début de ce mouvement social auquel se sont aussi joints les journalistes.

Le principal syndicat du secteur privé, GSEE, a qualifié les réformes examinées au Parlement de "dernier clou dans le cercueil" des travailleurs et des retraités qui ont déjà payé le tribut le plus lourd à six années d'austérité.

"Ils (le gouvernement et le Parlement) essaient de prouver à l'Eurogroupe qu'ils sont de bons élèves mais ils détruisent le système de sécurité sociale de la Grèce", a déclaré un dirigeant du GSEE en évoquant la réunion de lundi à Bruxelles.

Une commission parlementaire a commencé jeudi à examiner les projets de loi qui visent à augmenter les rentrées fiscales et à réduire les dépenses consacrées aux retraites, qui représentent actuellement 17% du produit intérieur brut (PIB).

Le vote des députés sera un test important de la capacité du Premier ministre Alexis Tsipras à mener à bien le programme de réformes qu'il a accepté l'an dernier en contrepartie d'un nouveau plan d'aide, son gouvernement de gauche ne bénéficiant que d'une courte majorité de 153 élus sur 300.

"La nécessité de réformer le système de retraite doit être comprise par tous. C'était nécessaire pour le rendre viable (...) Il n'y avait pas d'autre issue, avec ou sans accord", a-t-il plaidé vendredi, invitant les élus de Syriza à approuver le texte. (Michele Kambas; Tangi Salaün et Jean-Philippe Lefief pour le service français)