Valls promet jusqu'à E200 mlns de prêts au nickel néo-calédonien

vendredi 29 avril 2016 08h55
 

SYDNEY, 29 avril (Reuters) - Le Premier ministre français Manuel Valls a annoncé vendredi un prêt pouvant aller jusqu'à 200 millions d'euros pour venir en aide à la la Société Le Nickel (SLN), premier employeur de Nouvelle-Calédonie.

Cette enveloppe sera mise à la disposition des autorités du territoire, qui la répercuteront sur cette filiale du groupe français Eramet frappée par la chute des cours mondiaux du nickel, a précisé le chef du gouvernement lors d'une visite en Nouvelle-Calédonie.

"Cette intervention, dont les modalités sont en cours de discussion avec tous les actionnaires, pourrait aller jusqu'à 200 millions d'euros", a-t-il déclaré à l'issue d'une visite de l'usine de la SLN à Doniambo.

"Il revient maintenant à la STCPI (qui regroupe les provinces calédoniennes, actionnaires de SLN, NDLR) de se prononcer, avant le prochain conseil d'administration d'Eramet, sur cette proposition", a-t-il ajouté.

Manuel Valls a justifié cet "effort très important dans le contexte budgétaire actuel" par les difficultés rencontrées par la SLN, détenue à 56 % par Eramet et indirectement à 14% par l'Etat.

"La situation est grave. Le secteur du nickel est, plus que jamais, fragile. La SLN endure une crise sans précédent", selon le Premier ministre.

Les cours du nickel ont été divisés par deux en deux ans, dans un mouvement de recul des matières premières industrielles.

Compte tenu du poids de la SLN dans l'économie néo-calédonienne - 2.200 salariés et 8.000 emplois indirects -, toute remise en cause de son activité provoquerait une profonde crise sociale dans l'archipel, dont les sous-sols recèlent environ un quart des réserves mondiales de ce métal.

Après une réunion du comité des signataires de l'accord de Nouméa début février, le gouvernement s'était engagé à soutenir la filière, promettant que des mesures seraient "rapidement prises afin de conforter l'ensemble des métiers de la mine et de la métallurgie".

Manuel Valls doit également s'entretenir avec les autorités locales de l'avenir institutionnel de la collectivité, où un référendum sur l'autonomie est prévu au plus tard en novembre 2018.

(Cécile Lefort, édité par Simon Carraud)