BOURSE-EDF chute, le soutien coûteux de l'Etat ne règle pas tout

lundi 25 avril 2016 10h44
 

PARIS, 25 avril (Reuters) - L'action EDF accuse la plus forte baisse du SBF 120 lundi matin, des analystes soulignant l'effet fortement dilutif du plan de soutien financier de l'électricien public par l'Etat français, qui ne règle pas pour autant les difficultés industrielles de l'entreprise.

Vers 10h25, le titre EDF chute de 7,92% à 11,27 euros pendant que l'indice perd 0,87%.

EDF a annoncé vendredi une série de mesures pour renforcer sa structure financière, dont une augmentation de capital de quatre milliards d'euros à laquelle l'Etat participera à hauteur de trois milliards, l'option d'un versement des dividendes en action pour 2016 et 2017, et un plan de cessions d'environ 10 milliards à l'horizon 2020.

"Malgré la tentative d'EDF de mettre l'accent sur ses réductions de coûts et l'optimisation de ses dépenses d'exploitation, le point clé (...) reste que les investisseurs seront sensiblement dilués (à plus de 20%), à la fois par le dividende en actions et l'augmentation de capital", relève dans une note Bernstein, qui abaisse son objectif de cours de 13 à 10,40 euros.

L'intermédiaire estime en outre que les économies et les cessions à venir manquent de précisions et que le report de la décision d'investissement dans le coûteux projet nucléaire britannique d'Hinkley Point, lui aussi annoncé vendredi, ne lève pas les incertitudes sur ce dossier.

Exane BNP Paribas, qui abaisse son objectif de cours à 10 euros et réduit ses prévisions de bénéfice et dividende par action, souligne pour sa part que le plan d'EDF n'est pas de nature à doper son Ebitda et que, de l'aveu même du groupe, les prix de l'électricité pourraient rester bas en France et en Europe "au cours des deux à trois prochaines années".

RBC Capital Markets estime de même que le plan présenté par EDF montre que le groupe "prend conscience de la gravité des conditions de marché actuelles".

"Jusqu'à dix mois pourraient s'écouler avant que l'augmentation de capital ne soit annoncée, ce qui suggère une période de volatilité pour la valeur", souligne l'intermédiaire.

EDF a précisé vendredi que la levée de fonds serait présentée d'ici à la clôture de ses comptes 2016 "si les conditions de marché le permettent".

Le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, a de son côté exclu un report de plusieurs années du projet d'Hinkley Point, comme le réclament les syndicats d'EDF, et assuré dans une interview au Journal du Dimanche que cet investissement pourrait être confirmé en septembre. (Benjamin Mallet, avec Raphaël Bloch, édité par Jean-Michel Bélot)