L'UE divisée sur la limitation de l'exposition souveraine des banques

vendredi 22 avril 2016 20h38
 

par Francesco Guarascio

AMSTERDAM, 22 avril (Reuters) - Le plafonnement de l'exposition des banques à la dette soueveraine a mis en lumière les divergences existant entre les ministres des Finances de l'Union européenne (Ecofin) sur cette question, plusieurs Etats membres contestant en particulier l'idée de l'Allemagne de limiter une telle exposition.

Les emprunts d'Etat, considérés comme étant sans risques, sont exonérés des limitations imposées aux avoirs bancaires constitués par la dette des entreprises et des ménages.

Cela permet aux Etats d'emprunter à faible coût mais on s'est aperçu, à l'occasion de la crise de la dette de la zone euro, que cela entretenait aussi un cercle non vertueux entre ces derniers et le secteur bancaire.

"Nous avons eu une discussion ouverte sur le traitement réglementaire de l'exposition souveraine des banques; il y a eu différentes idées sur la façon de procéder", a déclaré le ministre des Finances néerlandais Jeroen Dijsselbloem vendredi, à l'issue d'une réunion de l'Ecofin.

Les travaux se poursuivront au niveau des experts et les ministre pourraient à nouveau aborder le sujet en juin, a-t-il ajouté.

Dans un document dont les ministres ont discuté, la présidence néerlandaise de l'UE propose diverses possibilités, dont un plafonnement et une augmentation du coût de détention de la dette souveraine.

Le Britannique Jonathan Hill, commissaire européen aux affaires financières, estime que le sujet doit faire l'objet d'un accord international et pas seulement au sein de l'Ecofin. Le Comité de Bâle étudie lui-même la question depuis des mois.

Pour Dijsselbloem il faut aborder le dossier dans le cadre des discussions sur le projet plus général d'union bancaire. L'Allemagne subordonne une telle union à l'existence de banques plus saines et plafonner leur exposition à la dette souveraine est pour elle l'un des moyens d'y parvenir.

L'Italie est l'un des pays les plus opposés au principe du plafonnement dans la mesure où ses banques détiennent une bonne partie de la dette publique. Elles verraient la valeur de ces avoirs sensiblement diminuer en cas de plafonnement.

(Wilfrid Exbrayat pour le service français)