Pour D. Börse, le Brexit plaiderait contre une offre US sur LSE

dimanche 17 avril 2016 16h22
 

BERLIN, 17 avril (Reuters) - Une victoire des partisans de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne lors du référendum du 23 juin pourrait dissuader un éventuel acheteur américain de faire une contre-offre sur le London Stock Exchange mais ne remettrait pas en cause la fusion entre ce dernier et Deutsche Börse, a déclaré le directeur financier du groupe allemand.

"La fusion a un sens avec ou sans Brexit. C'est la raison pour laquelle cela ne représente pas un risque pour nous", a dit Gregor Pottmeyer à l'hebdomadaire Euro am Sonntag.

"Cela pourrait être un risque pour des opérateurs de marché américains susceptibles de présenter une contre-offre sur le LSE", a-t-il ajouté, expliquant qu'en cas de sortie du Royaume-Uni de l'UE, un acteur américain du marché ne verrait plus dans le LSE un moyen de s'implanter dans l'Union européenne.

Deutsche Börse et le LSE ont dévoilé le mois dernier les modalité de leur projet de rapprochement, une fusion d'environ 27 milliards d'euros qui créerait le premier opérateur de marché du monde par le chiffre d'affaires.

Mais les observateurs estiment que le LSE pourrait faire l'objet d'une contre-offre d'un ou plusieurs acteurs américains du secteur, comme ICE ou CME Group.

Dans un entretien à paraître lundi dans le quotidien Tagesspiegel, le président du directoire de Deutsche Börse, Carsten Kengeter, a déclaré qu'une sortie de la Grande-Bretagne de l'UE pourrait fournir un argument supplémentaire en faveur de la fusion.

"Pour l'Allemagne, première économie industrielle d'Europe, il deviendrait encore plus important de lier le plus important centre financier, à savoir Londres, à Francfort", a-t-il dit.

Il a ajouté que le lancement de l'offre formelle pourrait intervenir dans les prochaines semaines et laissé entendre que la fusion pourrait permettre une augmentation des dividendes.

"Si Londres et Francfort s'unissent, la nouvelle entreprise sera très rentable et pourra alors aussi récompenser ses actionnaires", a-t-il déclaré.

Gregor Pottmeyer a déclaré que Deutsche Börse souhaitait mener à bien le projet de fusion sans départs contraints mais qu'il était trop tôt pour estimer le nombre de postes qui seraient supprimés et que les discussions continuaient avec les représentants des salariés.

(Emma Thomasson; Marc Angrand pour le service français)