April 14, 2016 / 11:37 AM / a year ago

LEAD 1-Les députés ukrainiens approuvent la nomination de Groisman

3 MINUTES DE LECTURE

(Précisions, contexte)

KIEV, 14 avril (Reuters) - Le parlement ukrainien a approuvé jeudi la nomination à la tête du gouvernement de Volodimir Groisman, un proche du président Petro Porochenko, ouvrant la voie au plus vaste remaniement depuis la révolution du Maïdan, en 2014.

"Je mesure les menaces qui pèsent sur nous. J'aimerais en souligner trois : la corruption, l'inefficacité du travail gouvernemental et le populisme, qui ne sont pas moins menaçants que nos ennemis de l'Est", a-t-il déclaré avant le vote, évoquant les séparatistes prorusses.

"Je vais vous montrer ce que diriger un pays veut dire", a ajouté le futur chef du gouvernement, âgé de 38 ans.

Deux cent cinquante-sept députés se sont prononcés en sa faveur, soit 31 de plus que le minimum requis. Son prédécesseur Arseni Iatseniouk a démissionné dimanche après plusieurs mois de crise politique.

La nomination de Groisman devrait déboucher sur la formation d'un gouvernement dont ne feraient pas partie plusieurs personnalités réputées pro-occidentales, comme la ministre sortante des Finances, Natalia Iaresko.

Oleksandr Daniliouk, 40 ans, devrait prendre le portefeuille des Finances, et Stepan Koubiv, actuel représentant du chef de l'Etat au parlement, ceux de l'Economie et de premier vice-Premier ministre.

L'opposante Ioulia Timochenko a dénoncé dans ce nouveau gouvernement un renforcement de l'oligarchie, avec la concentration du pouvoir entre les mains du président Porochenko et de ses proches.

La coalition gouvernementale qui rassemble le Bloc Petro Porochenko (BPP) et le Front populaire d'Arseni Iatseniouk aura besoin du soutien d'élus indépendants au parlement, ce qui laisse planer un doute sur sa durée de vie.

"Cela va tenir quelques mois et puis le président sera obligé de dissoudre le parlement", a estimé le député d'opposition Serhiy Liovotchkine.

Arseni Iatseniouk avait survécu à une motion de censure en février mais les tensions politiques et des scandales de corruption avaient fragilisé la coalition qu'il dirigeait, retardant le versement des aides prévues par le programme de soutien du Fonds monétaire international (FMI), d'un montant total de 17,5 milliards de dollars (15,4 milliards d'euros).

Son départ n'élimine pas tous les obstacles à l'adoption des réformes bloquées au parlement car plusieurs partis populistes ayant quitté la coalition affichent leur volonté de s'opposer aux mesures d'austérité qu'impose le programme du FMI. (Natalia Zinets et Pavel Polityuk; Jean-Philippe Lefief et Guy Kerivel pour le service français)

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