Ukraine-La coalition soutient Groisman comme Premier ministre

mercredi 13 avril 2016 21h48
 

KIEV, 13 avril (Reuters) - Les deux principales formations politiques ukrainiennes ont décidé mercredi de présenter la candidature de Volodimir Groisman, un proche du président Petro Porochenko, au poste de Premier ministre, ouvrant la voie au plus vaste remaniement gouvernemental depuis la révolution du Maïdan en 2014.

Plusieurs mois de crise politique ont conduit dimanche à la démission du Premier ministre Arseni Iatseniouk.

"La coalition a présenté la candidature de Groisman au poste de Premier ministre et a fait cette proposition au président", a annoncé sur Twitter le numéro deux du Bloc Petro Porochenko (BPP), Oleksiy Hontcharenko.

Le président Porochenko devrait proposer jeudi la nomination de Groisman au Parlement, où la coalition entre le BPP et le Front populaire d'Arseni Iatseniouk devrait avoir assez de voix pour faire approuver ce choix.

Arseni Iatseniouk avait survécu à une motion de censure en février mais les tensions politiques et des scandales de corruption avaient fragilisé la coalition qu'il dirigeait, retardant le versement des aides prévues par le programme de soutien du Fonds monétaire international (FMI), d'un montant total de 17,5 milliards de dollars (15,4 milliards d'euros).

Son départ devrait accélérer la formation d'un nouveau gouvernement sans pour autant éliminer tous les obstacles à l'adoption des réformes bloquées au Parlement, car plusieurs partis populistes ayant quitté la coalition affichent leur volonté de s'opposer aux mesures d'austérité qu'impose le programme du FMI.

Nommé en 2014, Arseni Iatseniouk avait vu sa cote de popularité s'effriter au fil des mois pour tomber à moins de 10%, notamment parce qu'une partie de l'opinion publique lui reproche de ne pas avoir fait assez pour obliger les oligarques ukrainiens à rendre des comptes.

Un éclatement de la coalition BPP-Front populaire aurait pu conduire à des législatives anticipées, donc retarder les réformes. Au contraire, la perspective de la formation d'un nouveau gouvernement pourrait faciliter le versement par le FMI d'une nouvelle tranche d'aide de 1,7 milliard de dollars, retardé depuis octobre. (Natalia Zinets, Marc Angrand et Guy Kerivel pour le service français)