En plein débat sur la BCE, Merkel en appelle aux Etats

mercredi 13 avril 2016 18h08
 

par Paul Carrel

BERLIN, 13 avril (Reuters) - La chancelière allemand, Angela Merkel, est intervenue mercredi dans le débat sur la politique de taux bas de la Banque centrale européenne (BCE), en appelant les Etats européens à agir davantage pour favoriser la croissance ce qui, assure-t-elle, contribuera à la remontée de l'inflation.

La BCE a été vivement critiquée ces derniers jours par des responsables politiques allemands qui reprochent à sa politique de taux extrêmement bas, voire négatifs, de créer des "trous béants" dans les comptes des épargnants et les fonds de pension des retraités, du fait de la baisse des rendements.

Ces critiques en Allemagne ont poussé le ministre français des Finances, Michel Sapin, à demander publiquement à Berlin de respecter l'indépendance de la BCE.

Angela Merkel est venue en renfort en soulignant que les dirigeants politiques d'Europe pouvaient eux-mêmes contribuer à pousser l'inflation à la hausse en faisant davantage pour soutenir la croissance.

"Ce que peuvent faire les responsables politiques, c'est apporter plus de croissance en Europe, et pas seulement en Allemagne mais dans toute l'Europe, et à partir de cette croissance, se placer dans une situation où le taux d'inflation remontera à nouveau", a-t-elle dit à la presse.

En mobilisant l'attention sur l'action des gouvernements, Angela Merkel pourrait aider à faire retomber la tension dans le débat en cours sur les mesures prises par la banque centrale.

Le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble, a dit mardi à Reuters que les taux ultra-bas de la BCE créaient des "problèmes exceptionnels" pour les banques et les retraités allemands, ajoutant qu'ils risquaient de faire le jeu des eurosceptiques.

Mais Angela Merkel a voulu recentrer le débat en soulignant que la BCE avait pour mandat de relever l'inflation à un certain niveau. "Dans ce contexte, notre tâche est de générer de la croissance et des emplois", a-t-elle ajouté.

L'objectif de la BCE est d'assurer un taux d'inflation proche de 2% à moyen terme dans la zone euro, alors qu'il est actuellement quasi-nul.

(Juliette Rouillon pour le service français, édité par Marc Angrand)