UE-Strasbourg pour l'autorisation conditionnelle du glyphosate

mercredi 13 avril 2016 14h04
 

STRASBOURG, 13 avril (Reuters) - Le Parlement européen s'est prononcé mercredi en faveur d'un renouvellement de l'autorisation du glyphosate, l'herbicide le plus vendu dans le monde, pour sept ans au lieu des quinze prévus par la Commission européenne.

Il demande toutefois à celle-ci lancer rapidement une étude indépendante de la toxicité de cette molécule, classée cancérigène par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), et de retirer au besoin son approbation à la lumière de nouveaux éléments.

L'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a toutefois conclu à l'absence de danger pour l'homme sur la base d'une étude qu'elle a refusé de rendre publique au nom des "intérêts commerciaux" des entreprises agrochimiques commercialisant ce produit.

La résolution a été adoptée par 374 voix contre 225 et 102 abstentions.

La demande de reconduction de l'autorisation, proposée par le Parti populaire européen (PPE - Centre droit), constitue une défaite pour la commission de la Santé et de l'Environnement du Parlement, les écologistes et la gauche, qui demandaient le non renouvellement de l'autorisation accordée au glyphosate.

Bien que l'avis du Parlement ne soit pas contraignant, il devrait aider les Etats, eux-mêmes très partagés sur le dossier de cette substance qui constitue notamment le principe actif du Roundup de la firme américaine Monsanto, à adopter une position.

Les experts des Vingt-huit Etats membres, qui s'étaient séparés le 8 mars dernier sans prendre de décision, doivent se retrouver les 18 et 19 mai.

Selon le groupe des Verts, trois pays dont la France, qui vient de décider d'interdire certains herbicides à base de glyphosate, s'opposent à la reconduction de l'autorisation tandis que huit autres pays sont hésitants.

Dans leur résolution, les eurodéputés demandent à l'Efsa de publier son étude.

Le glyphosate, un herbicide non sélectif, est également accusé de porter atteinte à la biodiversité et est soupçonné d'être un perturbateur endocrinien. Très efficace, il s'en est écoulé 825.000 tonnes dans le monde en 2014.

La Copa-Cogeca, fédération européenne des organisations agricoles, avait demandé à la Commission européenne de renouveler son agrément. (Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse)