LEAD 1-Tata et Thyssen discutent de leurs actifs acier en Europe-presse

mercredi 13 avril 2016 12h14
 

(Actualisé avec des réactions)

FRANCFORT, 13 avril (Reuters) - L'indien Tata Steel et l'allemand ThyssenKrupp discutent de la possibilité de réunir leurs actifs sidérurgiques européens au sein d'une coentreprise tout en passant en revue d'autres options, rapporte mercredi le journal allemand Rheinische Post.

Selon le quotidien, le modèle de rapprochement actuellement évoqué par les deux groupes prévoit que la part de chacun dans la coentreprise soit proportionnelle à la valeur des actifs apportés à cette entité.

Le Rheinische Post ajoute que Tata Steel est très intéressé par l'aciérie CSA, déficitaire, détenue par ThyssenKrupp au Brésil, que le groupe allemand avait, en vain, tenté de vendre en 2013.

Depuis que Tata Steel a annoncé, le 30 mars, son intention de vendre ses actifs britanniques, les bruits d'une nouvelle vague de consolidation dans la sidérurgie européenne, mise sous pression par le bas niveau des prix de l'acier et une vague d'importations chinoises à vil prix, se sont multipliés.

En début de semaine, Tata Steel a annoncé la vente à Greybull Capital, un spécialiste du redressement d'entreprises, de plusieurs de ses sites britanniques et de celui d'Hayange, en France, pour un montant d'une livre symbolique, un accord qui assure le maintien d'un tiers des 15.000 postes concernés par sa décision de se retirer de Grande-Bretagne.

Selon le Rheinische Post, un éventuel accord entre Tata et ThyssenKrupp n'est pas imminent.

ThyssenKrupp s'est refusé à tout commentaire. Dans une lettre au personnel envoyé la semaine passée, le sidérurgiste écrivait qu'il n'y avait aucune raison de s'exprimer sur des rumeurs d'accord, ajoutant toutefois qu'une consolidation serait "un pas en avant".

Wilhelm Segerath, président du comité d'entreprise de ThyssenKrupp, a dit à Reuters qu'une fusion éventuelle n'avait pas été évoquée par le conseil de surveillance, où il siège.

"Ca ne veut rien dire; on ne peut pas envisager une fusion sans nous", a-t-il déclaré.

"La société participe de temps en temps à des discussions sur les perspectives stratégiques d'activités particulières. De telles discussions font partie du travail normal de la direction et nous ne faisons aucun commentaire à propos de conjectures portant sur de telles discussions", a réagi Tata Steel, répétant ce qu'il avait déjà dit récemment. (Maria Sheahan et Georgina Prodhan, Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)