Peabody, n°1 du charbon aux USA, dépose son bilan

mercredi 13 avril 2016 11h26
 

par Tracy Rucinski et Tom Hals

13 avril (Reuters) - Peabody Energy, le premier producteur américain de charbon, a déposé son bilan mercredi, la chute des prix du charbon l'ayant empêché d'assurer le service d'une dette qui avait financé son expansion en Australie.

Selon un document judiciaire, le groupe minier a dressé une liste d'actifs et de passifs dans une fourchette de 10 à 50 milliards de dollars.

Le dépôt de bilan de Peabody Energy est l'un des plus importants survenu dans le secteur des matières premières depuis la baisse des prix de l'énergie et des métaux au milieu de l'année 2014, des marchés jadis à forte croissance tels que la Chine et le Brésil subissant une phase de ralentissement.

"Ce fut une décision difficile mais c'est le bon choix pour Peabody", a déclaré le directeur général Glenn Kellow. "Cette procédure nous permet de renforcer la liquidité et de réduire la dette, accumulée au gré des réussites opérationnelles importantes que nous avons réalisées ces dernières années; elle pose les bases de la stabilité et de la réussite à long terme".

Peabody s'est assuré 800 millions de dollars (706 millions d'euros) de financement auprès de ses créanciers obligataires, moyennant leur participation au capital.

Les problèmes de dette de Peabody remontent au rachat par effet de levier de l'australien Macarthur pour 5,1 milliards de dollars en 2011. C'était à l'époque une prise de choix car elle permettait au groupe américain de se poser en fournisseur de charbon métallurgique pour les aciéries asiatiques.

Mais la demande de cette ressource a chuté, surtout en Chine, entraînant des difficultés financières pour Peabody qui fut contraint de déprécier cet actif à hauteur de 700 millions de dollars l'année suivante.

Aux Etats-Unis même, Peabody a pâti de l'essor du schiste, qui a rendu le gaz naturel compétitif vis-à-vis du charbon pour les centrales thermiques, et des nouvelles réglementations de l'administration Obama qui ont alourdi ses charges opérationnelles.

Dans un tel contexte, et sur la base des statistiques gouvernementales de 2014, des producteurs représentant 45% environ de la production charbonnière des Etats-Unis ont déposé leur bilan.

Quelque 500 centrales thermiques au charbon sont en construction dans le monde, dont 80% dans la région Asie-Pacifique, où la consommation continue de croître. (Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Joanny)