Renzi conforte à Téhéran le rapprochement économique

mardi 12 avril 2016 15h54
 

DUBAI, 12 avril (Reuters) - L'Italie et l'Iran ont signé mardi des accords qui pourraient déboucher sur des contrats de plusieurs milliards d'euros à l'occasion de la visite à Téhéran de Matteo Renzi.

Le président du Conseil italien était accompagné d'une délégation composée d'une soixantaine de chefs d'entreprises présentes dans les secteurs de l'énergie, de la défense ou encore des infrastructures ferroviaires.

"La fin des sanctions est une étape historique non seulement pour l'Iran mais pour toute la région", a déclaré Renzi à la presse à Téhéran.

"Nous sommes attachés à faire en sorte que les efforts de la communauté internationale s'accompagnent d'une confiance mutuelle et de la relance immédiate des liens économiques", a poursuivi le chef du gouvernement italien.

Il y a trois mois, alors même que venaient d'être levées les sanctions internationales contre son pays dans la ligne de la signature, en juillet 2015, d'un accord sur son programme nucléaire, le président iranien Hassan Rohani avait réservé à l'Italie son premier déplacement en Europe.

Rome entretient des relations économiques traditionnellement fortes avec Téhéran.

D'après la télévision publique iranienne, sept accords ont été signés par Renzi et Rohani, dont un protocole d'accord entre la compagnie italienne Enel, premier producteur national d'énergie électrique, et l'entreprise iranienne d'exportation de gaz.

Le mémorandum ouvre la voie à une possible coopération dans les secteurs du gaz naturel, du gaz naturel liquéfié et d'infrastructures associées.

La compagnie pétrolière Eni a négocié pour sa part un accord lui permettant d'importer du pétrole iranien en paiement d'investissements précédents. Le groupe de services pétroliers Saipem s'apprête quant à lui à signer un contrat de quatre à cinq milliards de dollars (3,70 à 4,62 milliards d'euros) pour construire un gazoduc.

La compagnie ferroviaire publique Ferrovie dello Stato (FS) a annoncé de son côté avoir signé un "accord-cadre de coopération" en vue de la construction de deux lignes à haute vitesse, un contrat qu'une source proche des négociations estime à trois milliards d'euros.

Quelque cinq milliards d'euros de garanties de crédit ont été parallèlement annoncés par la société d'assurance du commerce extérieur SACE tandis que la Cassa Depositi e Prestiti, principal organisme public italien de crédit, engageait pour quatre milliards de lignes de crédit aux entreprises investissant dans les infrastructures liées aux hydrocarbures. (Sam Wilkin avec Steve Scherer à Rome et Stephen Jewkes à Milan; Henri-Pierre André pour le service français, édité par Tangi Salaün)