April 10, 2016 / 11:00 PM / in a year

"Panama papers"-Cameron publie ses déclarations de revenus

5 MINUTES DE LECTURE

* Le Premier ministre publie ses feuilles d'impôts sur six ans

* La presse s'interroge sur un don de £200.000 reçu de sa mère

* Cameron crée un groupe de travail sur la fiscalité (Actualisé avec un article du Guardian sur le chef des services fiscaux §§11-13)

par Estelle Shirbon et Paul Sandle

LONDRES, 11 avril (Reuters) - Le Premier ministre britannique, David Cameron, a publié dimanche ses déclarations de revenus des six dernières années pour tenter de répondre une fois pour toutes aux questions sur son patrimoine personnel soulevées par l'évocation du nom de son père dans les "Panama papers".

La réticence initiale du chef du gouvernement à admettre qu'il avait bénéficié du fonds offshore que possédait son père, aujourd'hui décédé, a été critiquée et a suscité des appels à la démission.

Après quatre déclarations différentes en quatre jours, David Cameron a fini par admettre jeudi soir qu'il avait bien détenu une participation dans une société créée dans un paradis fiscal par son père Ian. Samedi, il a reconnu qu'il aurait dû mieux gérer les révélations sur les arrangements fiscaux de sa famille.

Mais la publication de ses déclarations de revenus sur six ans pourrait ne pas suffire à mettre un terme au débat puisque les principaux quotidiens dominicaux du pays mettent en avant un don de 200.000 livres (248.000 euros) reçu par David Cameron de sa mère en 2011, don qui suggère qu'il aurait pu ainsi chercher à réduire ses droits de succession.

Une source à Downing Street a déclaré que cette interprétation était erronée, que le don avait été déclaré au fisc et qu'il ne s'agissait que d'un cadeau d'une mère à son fils.

Le chef du file du Parti travailliste, Jeremy Corbyn, qui avait reproché dans la semaine à David Cameron des explications "ambiguës", a déclaré à la BBC que le Premier ministre n'avait pas encore répondu à toutes les questions sur les profits réalisés grâce au fonds offshore de son père avant 2010, année durant laquelle il a cédé ses parts du fonds pour environ 30.000 livres.

Jeudi, David Cameron a expliqué que la création du fonds par son père n'était pas motivée par l'évasion fiscale mais par la possibilité qu'il offrait d'investir dans des titres libellés en dollars. Il a ajouté s'être acquitté de tous les impôts et taxes dus sur son propre investissement.

déclaration Au Parlement

Les documents publiés dimanche, rédigés par le cabinet comptable RNS Chartered Accountants, montrent que David Cameron a acquitté un impôt de 75.898 livres (94.082 euros) sur un revenu de 200.307 livres pour l'année fiscale 2014-2015, la plus récente concernée.

Cherchant à reprendre l'initiative, David Cameron a également annoncé dimanche la création d'un groupe de travail pour renforcer la lutte contre le blanchiment d'argent et l'évasion fiscale. Co-dirigé par les services fiscaux britannique (HRMC) et la National Crime Agency, il sera doté d'un budget de départ de dix millions de livres.

Selon le journal The Guardian, l'ancien employeur du directeur du HRMC, Edward Troup, le cabinet juridique londonien Simmons and Simmons, a compté le fonds du père de David Cameron parmi ses clients.

Le Guardian ne laisse pas entendre qu'Edward Troup ou Simmons and Simmons aient commis des actes répréhensibles. Selon les services fiscaux, Edward Troup n'a jamais eu d'affaires avec le cabinet panaméen Mossack Fonseca d'où est parti la fuite sur les Panama papers, ni conseillé aucun des clients du cabinet dont les noms sont apparus jusqu'ici.

David Cameron a prévu de faire en déclaration sur la politique fiscale lundi au Parlement.

"Le Royaume-Uni est en première ligne de l'action internationale pour lutter plus largement contre le fléau mondial de l'évasion et de l'optimisation fiscales", a déclaré le Premier ministre britannique dans un communiqué.

"Il faut aller plus loin à l'évidence et ce groupe de travail apportera le meilleur du savoir-faire britannique pour traiter des délits liés aux 'Panama papers'."

John McDonnell, responsable des questions financières au Labour, a jugé cette initiative inadaptée et appelé à la création d'une commission d'enquête. Il a également reproché au gouvernement Cameron d'avoir réduit les moyens des services fiscaux.

Le gouvernement dit avoir récupéré deux milliards de livres (2,5 milliards d'euros) liés à la fraude fiscale depuis 2010 tandis que 700 dossiers liés au Panama font l'objet d'une enquête. (Danielle Rouquié et Marc Angrand pour le service français)

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