"Panama papers"-Le conseil de Socgen soutient sa direction

vendredi 8 avril 2016 18h38
 

PARIS, 8 avril (Reuters) - Société générale a annoncé vendredi que son conseil d'administration soutenait sa direction attaquée dans la presse et par une partie de la classe politique après les révélations sur les liens entre la banque et le cabinet panaméen Mossack Fonseca, spécialisé dans la création de sociétés offshore dans des paradis fiscaux.

"Le conseil a exprimé son soutien total à la direction générale et aux salariés du groupe qui font l'objet d'attaques mensongères et malveillantes", peut-on lire dans un communiqué de la banque diffusé après la tenue d'une réunion, qui, précise un porte-parole était "prévue de longue date".

"C'était une décision collégiale et unanime", a encore ajouté ce dernier alors que certains syndicats du secteur bancaire ont fait part de leur malaise après l'éclatement lundi du scandale des "Panama papers".

Le directeur général du groupe, Frédéric Oudéa, recevra les organisations syndicales lundi soir, a indiqué l'un de ses responsables à Reuters.

Convoquée au ministère des Finances mardi, la direction de la banque au logo rouge et noir se trouve sous le feu des critiques depuis le début de la semaine mais dément fermement avoir facilité, à travers le montage de sociétés écran, toute évasion ou fraude fiscale.

"S'agissant des sociétés appartenant aux clients de la banque, le groupe veille à leur transparence fiscale et à la stricte application des lois anti-blanchiment", assure encore le groupe dans son communiqué vendredi, où il rappelle avoir décidé dès 2010 de fermer ses implantations dans les Etats et territoires dits "non coopératifs".

Des sénateurs de gauche et écologistes réclament des poursuites judiciaires pour "faux témoignage" contre Frédéric Oudéa, l'accusant d'avoir menti devant une commission d'enquête sur la présence de la banque dans des paradis fiscaux.

Société générale a de son côté annoncé des poursuites judiciaires en diffamation à l'encontre de Jean-Luc Mélenchon, co-fondateur et dirigeant du Parti de gauche, et de l'ancien trader de la banque Jérôme Kerviel.

Outre les réactions dans l'opinion publiques, les révélations des "Panama papers" ont aussi conduit les autorités de tutelles des banques à demander des explications à leurs dirigeants.

L'ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution) leur a notamment demandé des renseignements complémentaires sur leurs activités dans les paradis fiscaux.

Le communiqué : bit.ly/1UNByAg (Julien Ponthus, édité par Jean-Michel Bélot)