La France va interdire certains herbicides au glyphosate

vendredi 8 avril 2016 13h26
 

PARIS, 8 avril (Reuters) - L'Agence française de sécurité sanitaire a décidé d'interdire les herbicides contenant du glyphosate mélangé à des adjuvants à base de tallowamine en raison d'incertitudes sur les conséquences de cette combinaison pour la santé humaine.

L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) a envoyé cette semaine une lettre aux fabricants les informant de son intention de retirer l'autorisation de commercialisation de ces produits, a déclaré vendredi à Reuters sa directrice générale adjointe Françoise Weber.

L'Anses a passé en revue les produits combinant glyphosate et tallowamine après la publication, en novembre, des conclusions de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) suggérant que les risques potentiels étaient plus grands en mélangeant les deux substances qu'avec le glyphosate seul, a-t-elle précisé.

Une décision définitive de l'Anses n'est pas attendue avant plusieurs semaines car les fabricants ont quinze jours pour répondre à l'agence, qui étudiera ensuite leurs arguments.

Les produits à base de glyphosate mais sans tallowamine resteront sur le marché.

Le glyphosate est un ingrédient classique des herbicides, tels que le Roundup de Monsanto. Ce produit chimique est au coeur d'un vif débat depuis qu'il a été classé comme probablement cancérogène par une agence de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et les pays de l'Union européenne discutent du renouvellement ou non de son autorisation de commercialisation.

Monsanto a indiqué qu'il figurait parmi les fabricants affectés par la décision française mais que l'impact commercial serait "minime", et a estimé que le débat en Europe autour du glyphosate était "politique".

Les produits combinant glyphosate et tallowamine ont déjà été retirés du marché en Allemagne à l'initiative des fabricants à la suite d'un débat scientifique similaire, selon l'Anses. (Gus Trompiz, Dominique Rodriguez pour le service français, édité par Jean-Michel Bélot)