8 avril 2016 / 16:16 / il y a un an

La visite de Valls en Algérie assombrie par une affaire de visas

* Des visas refusés à des journalistes français

* Troisième comité interministériel franco-algérien

* Terrorisme et économie au menu des discussions

par Elizabeth Pineau

ALGER, 8 avril (Reuters) - Manuel Valls et une dizaine de ministres français entament samedi une visite de deux jours en Algérie dont les préparatifs ont été entravés par le refus des autorités algériennes d‘accorder des visas à plusieurs journalistes français.

Les relations franco-algériennes se sont tendues cette semaine après la publication par le quotidien français Le Monde d‘une photographie du président algérien Abdelaziz Bouteflika pour illustrer un article évoquant l‘implication de dirigeants dans l‘affaire des “Panama Papers”.

L‘ambassadeur de France, Bernard Emié, a été convoqué mercredi au ministère des Affaires étrangères à propos de ce que les autorités algériennes considèrent comme une “campagne malveillante et fallacieuse”.

En outre, un journaliste du Monde et deux reporters du “Petit journal” de Canal Plus se sont vu refuser des visas pour accompagner Manuel Valls à Alger.

Manuel Valls aura l‘occasion de revenir sur ces incidents avec son homologue Abdelmalek Sellal, avec qui il présidera le troisième comité interministériel de haut niveau franco-algérien, dont la précédente édition avait eu lieu à Matignon fin 2014.

Le chef du gouvernement français, qui est accompagné d‘une dizaine de ministres, devrait rencontrer dimanche le président Abdelaziz Bouteflika.

Le dirigeant algérien à la santé délicate depuis un accident vasculaire s‘était entretenu avec le chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault, le 29 mars dernier à Alger.

MARCHÉ AUTOMOBILE

La lutte contre le terrorisme et les questions économiques constitueront les principales têtes de chapitres de cette visite, à l‘heure où l‘Algérie cherche à diversifier son économie, très dépendante des hydrocarbures. La chute du prix du brut ces derniers mois pèse sur la croissance algérienne.

Une vingtaine d‘accords de coopération seront signés avec l‘Algérie, où la France reste le premier investisseur hors hydrocarbures mais dont la Chine est devenu le premier fournisseur.

Parmi les dossiers en cours figurent la finalisation du projet de construction d‘une usine automobile PSA à Oran, où Renault produit déjà depuis novembre 2014.

Le groupe au losange a assemblé 27.000 véhicules depuis le démarrage de son site et augmente régulièrement la cadence avec l‘embauche en cours d‘une troisième équipe. Renault produit sur place la Symbol, une Logan avec coffre séparé, et ajoutera à partir de juin la Sandero Stepway.

Pays de 40 millions d‘habitants, l‘Algérie compte parmi les marchés automobiles les plus prometteurs de la région.

Avec désormais une production locale, et plus de l‘import, le pays espère retrouver les 500.000 ventes qu‘il a affichées il y a quelques années. Pour mesurer le potentiel, le pays compte 37 millions d‘habitants, avec un taux d‘équipement de seulement 100 voitures pour 1.000 habitants - cinq fois mois qu‘en France - et un parc automobile vieillissant, avec un âge moyen de 16 ans. (Avec Gilles Guillaume, édité par Yves Clarisse)

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