Situation financière dégradée dans l'ex-Poitou-Charentes

jeudi 7 avril 2016 21h27
 

BORDEAUX, 7 avril (Reuters) - Un audit commandé par la nouvelle région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes (ALPC) a confirmé jeudi "une forte dégradation des ratios financiers" de l'ex-région Poitou-Charentes, dont 132 millions d'euros d'impayés.

Au mois de février, le président socialiste de la région ALPC, Alain Rousset, avait révélé que l'ancienne région avait laissé pour 132 millions d'impayés, dont 62 millions en investissement et 70 millions en fonctionnement.

L'audit du cabinet Ernst&Young présenté jeudi à la commission des finances de la région relève que "la situation financière (...) s'est dégradée entre 2013 et 2015" et que cette dégradation provient "de la forte baisse de l'épargne brute (-71% en deux ans) du fait d'un 'effet ciseau' entre les dépenses et les recettes de fonctionnement."

Ce rapport constate que la capacité de désendettement est passée de 4,1 ans en 2013 à 20,4 ans en 2015. De plus, une partie de la dette -- 46 millions d'euros -- correspond à des emprunts à haut risque dont certains ont été souscrit en 2011, alors qu'ils étaient déconseillés depuis 2010.

L'ex-région Poitou-Charentes a également octroyé 94 millions d'euros de garanties d'emprunts à des entreprises, à comparer avec les 4 millions d'euros de l'ex-région Aquitaine.

"Cet audit est un point de départ. Mais il pose beaucoup de questions sur la sincérité des comptes de l'ex-Poitou-Charentes", a souligné Olivier Chartier, le président (LR) de la commission des finances de la région.

Alain Rousset a précisé que "le mandat du cabinet d'experts n'était pas d'éplucher chaque facture et déterminer les responsabilités. Ce sera à la Chambre régionale des comptes de le faire".

La nouvelle région, une fois les 132 millions d'euros d'impayés intégrés au budget, va pouvoir solder les dettes d'ici la fin du mois d'avril.

Jusqu'à son intégration dans la nouvelle région, Poitou-Charentes était présidée par le socialiste Jean-François Macaire, qui avait succédé en avril 2014 à Ségolène Royal devenue ministre de l'Environnement. (Claude Canellas, édité par Henri-Pierre André)