Le conflit entre syndicats et direction s'aggrave chez Volkswagen

jeudi 7 avril 2016 14h14
 

BERLIN, 7 avril (Reuters) - Le conflit entre les puissants représentants du personnel de Volkswagen et Herbert Diess, le patron de la marque éponyme du groupe automobile allemand, semble avoir franchi un nouveau palier alors que le constructeur peine à tourner la page du scandale des émissions polluantes de ses véhicules diesel.

Dans une lettre au personnel datée du 5 avril, les dirigeants syndicaux accusent Herbert Diess de trahir les salariés et de se servir du scandale comme prétexte pour tenter de réduire les effectifs.

"Nous ne cachons pas que nous constatons actuellement un grave problème de confiance entre la direction de la marque et le comité d'entreprise", écrit Bernd Osterloh, président des comités d'entreprise aussi bien du groupe que de la marque Volkswagen, dans cette lettre cosignée par les autres dirigeants syndicaux.

"Nous avons l'impression qu'il y a une tentative de profiter sournoisement du scandale des moteurs diesel pour procéder à des réductions de personnel qui, il y a quelques mois, n'étaient pas un sujet."

Bernd Osterloh et Herbert Diess se sont régulièrement affrontés sur les mesures d'économie défendues par ce dernier depuis l'arrivée de l'ancien dirigeant de BMW à la tête de la marque Volkswagen en juillet dernier.

Des sources au sein du groupe ont déclaré le mois dernier que le constructeur allemand envisageait de supprimer environ 3.000 emplois dans les bureaux en Allemagne d'ici fin 2017 pour faire face aux coûts liés au scandale des émissions polluantes. Volkswagen envisagerait aussi de supprimer des centaines de postes en CDD ou en intérim.

Bernd Osterloh a réclamé des discussions avec les dirigeants de la marque VW sur l'avenir des usines en Allemagne pour fixer des objectifs de production et d'investissement.

Le directeur des ressources humaines, Karlheinz Blessing, a accepté cette requête alors que des négociations salariales doivent s'ouvrir ce mois-ci avec les dirigeants syndicaux, qui réclament une revalorisation de 5% pour 120.000 salariés.

"La préservation des usines est aussi dans l'intérêt de la direction", écrit Karlheinz Blessing dans un courriel. (Andreas Cremer; Bertrand Boucey pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)