Nouveau blocage entre Air France et ses pilotes

jeudi 7 avril 2016 11h46
 

PARIS, 7 avril (Reuters) - Air France a conclu mercredi une réunion "compliquée" avec les pilotes sur un blocage concernant les rémunérations, sans savoir quand de prochaines réunions auraient lieu, a déclaré jeudi son PDG Frédéric Gagey.

Alexandre de Juniac, qui a annoncé mardi son départ en juillet de la présidence d'Air France-KLM, la maison mère de la compagnie française, a dit de son côté qu'on saurait "dans quelques jours" si les négociations avaient abouti ou pas.

"On a eu l'impression qu'ils revenaient sur toute mesure touchant à la rémunération", a déclaré à des journalistes Frédéric Gagey au sujet des pilotes d'Air France, avant une conférence de presse sur l'activité court-courrier de la compagnie.

"Nous, on considère qu'on a fait toutes ces réunions et qu'on arrive à quelque chose qui nous paraît équilibré", a-t-il ajouté, disant vouloir reprendre une croissance de l'activité, voire des embauches à moyen terme.

Frédéric Gagey a dit que les pilotes renâclaient à accepter une modification de leurs règles de rémunérations et qu'ils avaient refusé mercredi soir la proposition d'Air France de poursuivre les discussions.

Le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), majoritaire, n'était pas immédiatement disponible pour commenter.

Air France a enchaîné les réunions avec les pilotes depuis le 10 mars et Frédéric Gagey a confirmé jeudi qu'il souhaiter commencer "avant l'été" les discussions avec les hôtesses et stewards, dont l'accord collectif prend fin en octobre prochain.

Frédéric Gagey et Alexandre de Juniac ont écarté tout impact sur les discussions du départ annoncé du patron d'Air France-KLM pour prendre la tête de l'Association du transport aérien international (Iata) à partir du 1er août.

"Cette maison ne doit pas s'arrêter", a déclaré Alexandre de Juniac lors de la conférence de presse, citant "quatre ans d'efforts et de sacrifices" au sujet de la restructuration d'Air France qui a entraîné des milliers de suppressions de postes et des gels de salaires.

"Mon successeur, s'il y a quelque chose qu'il doit faire, c'est aller encore plus vite que je ne l'ai fait", a-t-il ajouté. "Maintenant qu'elle a les moyens et qu'elle a retrouvé des bases de son développement, c'est le moment d'accélérer la croissance".

Air France-KLM doit trouver en quelques semaines un patron à stature internationale et ayant l'habitude de gérer un groupe dont l'Etat est actionnaire pour succéder à Alexandre de Juniac. (Cyril Altmeyer, édité par Jean-Michel Bélot)