"Panama Papers"-Des sénateurs veulent poursuivre Oudéa (SG)

mercredi 6 avril 2016 18h10
 

PARIS, 6 avril (Reuters) - Des sénateurs de gauche et écologistes ont réclamé mercredi des poursuites judiciaires pour "faux témoignage" contre le directeur général de la Société générale, Frédéric Oudéa, l'accusant d'avoir menti devant une commission d'enquête sur la présence de la banque dans des paradis fiscaux.

La communiste Eliane Assassi, présidente du groupe PRC, et Julien Bayou (EELV) ont demandé chacun de leur côté au président Gérard Larcher de réunir le bureau du Sénat pour se saisir de cette affaire à la lumière des révélations des médias sur les "Panama Papers".

Selon la sénatrice de Seine-Saint-Denis, les documents mis au jour "contredisent totalement" les propos tenus par Frédéric Oudéa lors de son audition par une commission d'enquête sénatoriale sur l'évasion fiscale en avril 2012, quand il avait déclaré que la Société générale avait fermé ses implantations dans les paradis fiscaux.

"Les révélations de ces derniers jours soulignent la création de 975 sociétés offshore par la Société Générale entre 1977 et 2015", indique Eliane Assassi en faisant référence aux informations du Monde.

Ces informations "ouvrent donc de toute évidence droit à poursuite pour faux témoignage de M. Oudéa", ajoute-t-elle, en soulignant que le délit de faux témoignage devant une commission d'enquête parlementaire est passible de cinq ans de prison et de 75.000 euros d'amendes.

Julien Bayou estime de même que "si le délit semble constitué, il revient à la justice de se prononcer".

Pour la sénatrice socialiste Marie-Noëlle Lienemann, qu a également saisi Gérard Larcher, "nos concitoyens attendent du Sénat que la lumière soit faite sur l'action réelle de la Société Générale, sur la véracité des déclarations de son président et il apparaît indispensable d'arbitrer des déclarations qui apparaissent aujourd'hui contradictoires."

Dans une interview au figaro.fr, Frédéric Oudéa dénonce mercredi, comme l'a déjà fait sa banque, les "amalgames et les inexactitudes" visant la Société générale et des chiffres qui circulent "sans commune mesure avec la réalité".

Selon lui, la banque ne compte plus que "quelques dizaines de sociétés offshore actives structurées pour nos clients" avec le cabinet panaméen Mossack Fonseca, mis en cause dans cette affaire.   Suite...