En Inde, les taux ramenés au plus bas depuis 2011

mardi 5 avril 2016 12h30
 

BOMBAY, 5 avril (Reuters) - La banque centrale indienne a réduit mardi son taux directeur d'un quart de point à 6,50%, son plus bas niveau depuis plus de cinq ans, et évoqué la possibilité d'une nouvelle baisse cette année si l'inflation reste faible.

Afin de favoriser la transmission de la politique monétaire à l'économie réelle, la Reserve Bank of India (RBI) a également annoncé une augmentation des injections de liquidités dans le système financier, les banques ayant justifié la lenteur de la baisse de leurs propres taux de crédit par la rareté des liquidités.

Ces mesures traduisent une inflexion de la politique monétaire pilotée par le gouverneur Raghuram Rajan, qui avait exprimé auparavant sa déception face à la réticence des banques commerciales à diminuer le coût du crédit.

"Les taux d'emprunt diminuent nettement dans l'économie", a-t-il dit lors d'une conférence de presse. "J'espère que nous assisterons à une transmission nettement accrue au cours des prochains mois."

Alors que la RBI a réduit son taux directeur de 125 points de base l'an dernier, les taux pratiqués par les banques n'ont diminué que de 60 points environ.

La croissance de l'économie indienne a ralenti à 7,3% en rythme annuel sur les trois derniers mois de 2015, contre 7,7% sur le trimestre précédent, s'éloignant du seuil de 8% jugé nécessaire afin de générer suffisamment d'emplois pour absorber l'augmentation de la population active.

Les taux de la RBI sont désormais à leur plus bas niveau depuis 2011 et la banque centrale a dit que sa politique resterait "accommodante" en évoquant la possibilité d'une nouvelle réduction d'un quart de point d'ici la fin de l'année.

Elle a expliqué que l'inflation se rapprochait de son objectif de 5% fixé à l'horizon de mars 2017.

Le rendement des obligations d'Etat indiennes à dix ans a perdu jusqu'à neuf points de base à 7,34% après ces annonces mais l'indice boursier NSE perdait 2% en clôture. (Suvashree Choudhury et Rafael Nam; Marc Angrand pour le service français)