France-Les foyers qui paient l'ISF moins généreux-Etude

mardi 5 avril 2016 06h00
 

PARIS, 5 avril (Reuters) - La proportion de donateurs parmi les foyers assujettis à l'ISF (impôt de solidarité sur la fortune) reste quasi stable cette année mais le montant moyen de leurs dons est en baisse, une tendance qui risque de se poursuivre l'an prochain, selon un baromètre publié mardi.

L'étude réalisée par Ipsos pour la fondation des Apprentis d'Auteuil recense 82% de donateurs parmi les foyers qui paient l'ISF, contre 83% en 2015. La fréquence de leurs dons aux associations, fondations et organismes caritatifs (3,9 fois) reste de même aussi élevée d'une année sur l'autre.

Mais leur niveau moyen, qui avait fortement progressé l'an passé, retombe à 2.297 euros contre 2.519 en 2015 et à peine un quart des donateurs (24%) envisagent de les augmenter l'an prochain contre 35% en 2015.

Cette inflexion ne concerne pas seulement les dons à des organismes caritatifs, mais aussi le montant des investissements dans les PME, qui offrent aussi une déduction fiscale pour les assujettis à l'ISF.

La proportion de ceux qui investissent dans les PME recule ainsi à 34%, contre 42% en 2015, et le montant de leurs concours diminue pour la seconde année consécutive (12.414 euros contre 13.097 euros en 2015).

«La légère diminution du niveau de dons à des organismes caritatifs ne profite donc pas à l'investissement PME", déclare dans un communiqué Philippe Rose, responsable des ressources des Apprentis d'Auteuil.

"Cela vient confirmer l'hypothèse selon laquelle, si le niveau de dons a diminué, c'est probablement parce que l'assise financière des donateurs ISF est moins forte en 2016 qu'elle ne l'était en 2015", ajoute-t-il.

En cas de suppression de l'ISF, comme l'envisagent la majorité des candidats à la primaire de la droite et du centre pour la présidentielle 2017, plus d'un donateur sur quatre (28%) reverrait ses dons à la baisse.

Depuis 2007, les foyers qui paient l'ISF ont la possibilité de déduire jusqu'à 75% de leurs dons, dans la limite de 50.000 euros.

L'enquête a été réalisée auprès d'un échantillon de 311 personnes assujetties à l'ISF interrogées par internet du 20 janvier au 3 février. (Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)