EDF pointe les risques d'un report de décision sur Hinkley Point

jeudi 31 mars 2016 11h26
 

PARIS, 31 mars (Reuters) - Le PDG d'EDF estime qu'un report de la décision finale d'investissement dans la centrale nucléaire d'Hinkley Point risquerait de remettre en cause l'intégralité du projet, a déclaré jeudi un responsable de l'électricien public français.

Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron a récemment déclaré qu'EDF se prononcerait début mai sur la construction de deux réacteurs de type EPR à Hinkley Point, dans le sud-ouest de l'Angleterre, une fois que l'Etat français aurait défini son soutien financier à l'entreprise.

"Il y a à passer le sujet de la décision d'investissement final d'Hinkley Point en conseil d'administration et ça doit être fait normalement dans les quelques semaines qui viennent", a confirmé jeudi Dominique Minière, directeur exécutif d'EDF en charge du parc nucléaire et thermique, lors d'un colloque sur l'avenir du nucléaire français.

"Globalement, la position de notre président (Jean-Bernard Lévy) (...), c'est de dire que c'est maintenant qu'il faut le faire et que si on décale, on risque de tout remettre en cause", a-t-il ajouté.

"Les décisions ne sont pas à prendre à cinquante, c'est une seule personne qui prend les décisions et c'est une seule personne qui les assume derrière", a également dit Dominique Minière, par ailleurs membre du comité exécutif d'EDF.

Les détracteurs du projet Hinkley Point, évalué à 18 milliards de livres sterling (23 milliards d'euros environ) estiment qu'une décision précipitée ferait courir un trop grand danger à EDF, déjà confronté à de lourds investissements dans le parc français et à la chute des prix de l'électricité.

Christian Taxil, administrateur salarié parrainé par la CFE-CGC, a été le premier membre du conseil d'EDF à officialiser son opposition au projet en faisant valoir que les conditions pour le lancer n'étaient actuellement pas réunies. (Benjamin Mallet, édité par Jean-Michel Bélot)