LEAD 1-Orange-Bouygues-Toujours pas d'accord sur Bouygues Tel-sources

mercredi 30 mars 2016 23h52
 

(Actualisé avec précisions)

par Mathieu Rosemain et Gwénaëlle Barzic

PARIS, 30 mars (Reuters) - Bouygues et Orange n'ont pas encore trouvé d'accord sur le projet de rachat de Bouygues Telecom par Orange et les discussions se poursuivront au-delà de la date butoir initialement fixée au 31 mars, ont déclaré mercredi à Reuters deux sources proches du dossier.

La valorisation de Bouygues Telecom, le niveau de la participation de Bouygues dans Orange et la représentation du groupe de BTP au sein d'un conseil élargi de l'opérateur télécom ne sont pas encore tranchées.

"Beaucoup de points restent en discussion, notamment les questions de gouvernance", a indiqué une des sources, ajoutant que l'option du statu quo avait été évoquée par le conseil de Bouygues.

Une autre source a évoqué quant à elle la question de la valorisation des actifs de Bouygues Telecom.

Les deux groupes, qui ont réuni leurs conseils d'administrations respectifs ce mercredi pendant plus de trois heures, se sont refusés à tout commentaire.

Ils devraient publier un communiqué jeudi matin, annonçant la prolongation de leurs discussions.

Orange et Bouygues s'étaient fixé le 31 mars comme date butoir pour parvenir à un accord sur un rapprochement complexe, impliquant l'Etat, actionnaire d'Orange, ainsi que les concurrents Iliad et SFR à qui des actifs devraient être cédés pour que l'opération obtienne le feu vert de l'Autorité de la concurrence.

Le rachat de Bouygues Telecom, évalué à environ 10 milliards d'euros - en titres Orange et en numéraire - permettrait de ramener de quatre à trois le nombre d'opérateurs mobiles, dans un marché mis à mal par une guerre des tarifs déclenchée par l'arrivée des offres à bas prix Free, filiale d'Iliad, en 2012.

Bouygues ambitionne d'obtenir environ 15% du capital d'Orange tandis que l'Etat français, premier actionnaire de l'opérateur avec 23% du capital, souhaite conserver une minorité de blocage, en droits de vote, ainsi que trois sièges au conseil d'administration. (Avec Pascale Denis, édité par Bertrand Boucey)