25 mars 2016 / 12:19 / il y a un an

L'Etat encadre la communication des opérateurs sur la fibre

par Gwénaëlle Barzic

PARIS, 25 mars (Reuters) - Le gouvernement va encadrer l'utilisation du mot "fibre" par les opérateurs télécoms dans leur communication et leurs offres commerciales, une épine dans le pied de SFR dont le statut de numéro un sur ce marché est contesté par ses concurrents.

"Fausse fibre" ou "vraie fibre" : le débat anime depuis plusieurs mois le secteur des télécoms alors que cette technologie, qui offre des débits 30 fois plus rapides que l'ADSL, séduit de plus en plus de consommateurs.

SFR, le nouveau numéro deux des télécoms né de la fusion de l'ancienne filiale mobile de Vivendi avec le réseau câblé de Numericable, revendique le statut de leader avec un parc dépassant les 8 millions de prises raccordables.

Ses concurrents contestent cependant son utilisation du mot fibre au motif qu'une grande partie de ses offres sont en réalité hybrides : fibre jusqu'à l'immeuble puis câble coaxial jusqu'à l'habitation.

Orange et Free (Iliad ), loin derrière en termes de déploiement avec respectivement 5 millions et 2,5 millions de prises raccordables, affirment, eux, déployer du "100% fibre" avec la technologie FttH (Fiber to the Home) qui va jusqu'au logement, ce qui est plus coûteux et demande plus de temps.

Si ces choix différents de technologie n'ont pas d'impact sur les débits descendants offerts au consommateur, le débit montant est en revanche plus limité avec un raccordement final en câble.

Dans ce débat technico-sémantique, le gouvernement a tranché avec la parution vendredi d'un arrêté au Journal officiel qui impose aux opérateurs de faire la clarté sur la technologie utilisée. Il n'est toutefois pas allé jusqu'à interdire à SFR d'utiliser le mot fibre comme le demandaient certains acteurs.

SFR ÉTUDIE DE POSSIBLES RECOURS

"Tout message publicitaire ou document commercial (...) s'il associe le terme 'fibre' aux services du fournisseur alors que le raccordement du client final jusque dans son logement n'est pas réalisé en fibre optique, comporte la mention '(sauf raccordement du domicile)'", peut-on lire dans l'arrêté.

Si un opérateur décide de communiquer sur le niveau de débit descendant de ses offres, il devra aussi le faire sur les débits montants, stipule également l'arrêté.

SFR, qui prévoit d'importants investissements pour raccorder 22 millions de prises d'ici 2022, critique une polémique franco-française, soulignant que la technologie "Fiber to the building" (FttB) est majoritairement utilisée dans les autres pays.

"SFR étudie toutes les voies de recours possibles en France et à Bruxelles sur cet arrêté injustifié et techniquement irrecevable", a déclaré un porte-parole.

L'arrêté a reçu un avis favorable du régulateur des télécoms, l'Arcep, dont le président Sébastien Soriano avait déploré le "manque de règles du jeu claires" il y a quelques mois.

"Chaque option de terminaison présente des propriétés différentes, et il appartient au premier chef au consommateur de pouvoir arbitrer entre ces options, ce qui suppose que ce dernier soit pleinement éclairé en la matière", explique le gendarme des télécoms dans un avis rendu public vendredi.

La publication de l'arrêté intervient à quelques jours de la date butoir que se sont fixée Orange et Bouygues pour leurs discussions sur un rapprochement dans les télécoms.

Selon les derniers chiffres de l'Arcep, les abonnements au très haut débit fixe ont bondi de 44% l'an dernier pour grimper à 4,3 millions. Sur ce total, 1,4 million concerne des offres fibre de bout en bout. (Edité par Dominique Rodriguez)

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