La BoJ divisée sur les taux négatifs lors de sa réunion de mars

jeudi 24 mars 2016 10h06
 

TOKYO, 24 mars (Reuters) - Les membres du comité de politique monétaire de la Banque du Japon (BoJ) ont eu, lors de leur dernière réunion des 14 et 15 mars, un débat animé sur les avantages et les inconvénients des taux d'intérêt négatifs annoncés en janvier, l'un d'eux plaidant même pour revenir sur cette mesure, montre jeudi le compte-rendu de la réunion.

Certains des neuf membres du comité ont émis des réserves sur l'opportunité d'une telle inflexion de la politique monétaire en notant qu'elle n'avait pas interrompu la dégradation des anticipations d'inflation.

"Il est préférable de revenir sur la politique de taux négatifs. Mais l'abandonner immédiatement après l'avoir adoptée créerait de la confusion sur les marchés et risquerait de saper la confiance dans la BoJ. Ses effets n'étant pas encore clairs, nous devrions poursuivre cette politique", a dit l'un des quatre membres du comité ayant voté contre les taux négatifs en janvier.

L'un de ses collègues a déclaré qu'il était "hors de question" de revenir sur cette décision, les marchés tablant déjà sur la persistance de taux négatifs.

Les partisans de la décision prise en janvier de ramener à -0,1% le taux des dépôts bancaires ont quant à eux déclaré que cette mesure commençait à porter ses effets, les taux des prêts immobiliers s'orientant à la baisse.

Mais ses détracteurs ont rétorqué que les taux négatifs renforçaient les anticipations déflationnistes en alimentant l'inquiétude sur les perspectives de l'économie japonaise.

D'autres ont dit que cette politique donnait l'impression aux marchés que la BoJ n'avait pas d'autre choix que de recourir à des taux négatifs parce que son programme d'achats d'actifs atteignait ses limites.

Plusieurs membres du comité ont souligné que la croissance des salaires restait lente et que l'indice d'inflation de base (hors produits alimentaires frais et énergie) de la BoJ pourrait tomber sous 1%. Cet indice est revenu à 1,1% en janvier après 1,3% en décembre, la hausse du yen faisant baisser les prix des produits importés.

La réunion de politique monétaire de mars s'est conclue par un statu quo mais la banque centrale a revu en baisse son diagnostic sur la situation économique en se disant prête à amplifier son soutien en cas de risques pour la reprise. (Leika Kihara; Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)