Hollande veut que G7 et G20 se saisissent du prix des médicaments

mercredi 23 mars 2016 17h55
 

par Catherine Lagrange

LYON, 23 mars (Reuters) - François Hollande a annoncé mercredi son intention de porter au prochain G7, prévu en mai au Japon, ainsi qu'au prochain G20 en septembre en Chine, l'idée d'une maîtrise universelle du prix des médicaments.

Le chef de l'Etat français a coprésidé à Lyon avec son homologue sud-africain, Jacob Zuma, la première commission des Nations Unies sur l'emploi en santé et la croissance économique.

"L'idée est de pouvoir lutter contre l'inflation du prix des médicaments et de permettre qu'il y ait une régulation au plan international pour que nous puissions maîtriser l'accès aux soins et faire en sorte que chacun puisse bénéficier des médicaments, y compris des thérapies les plus coûteuses", a dit François Hollande.

Les prix de certains nouveaux médicaments, contre le cancer ou l'hépatite C par exemple, pèsent sur les finances des systèmes de santé publics comme le système français. Ailleurs, ils poussent des assureurs à ne pas les rembourser, obligeant des malades à vendre leurs biens pour accéder aux traitements.

La maîtrise des prix et l'accès aux médicaments "sont les deux enjeux", a insisté le président lors d'un discours. "On doit donc réguler les prix et en même temps permettre que chacun puisse y accéder en discutant avec l'industrie pharmaceutique, les associations et les acteurs de la santé".

François Hollande et Jacob Zuma ont dit leur intention de défendre ces deux principes "aussi bien au G7 qu'au G20". Selon l'entourage du président français, une réunion des sherpas des sept pays les plus industrialisés devait se tenir cette semaine au Japon afin d'aborder cette question.

Le président français a aussi placé au rang de priorités la mise en place d'un système de surveillance et d'alerte sanitaire à l'échelle mondiale pour prévenir des pandémies du type de celle liée au virus Zika.

"Nous devons bâtir un dispositif pour identifier toutes les menaces sanitaires et mettre à disposition du monde cette capacité. C'est ce que nous avons déjà fait avec l'Afrique de l'Ouest", a-t-il dit.

"Nous devons aussi mieux gérer la crise quand elle se produit. C'est une véritable course contre la montre, le temps est compté, nous devons absolument intervenir au bon moment", a-t-il souligné.

François Hollande a précisé que la France prendrait "sa part" au fonds d'urgence mis en place pour l'Organisation mondiale de la santé (OMS). "Elle dispose de 2.200 personnels de santé, mobilisables de partout. A l'échelle de l'Europe, nous devons constituer également un corps sanitaire européen", a-t-il souligné. (Avec Elizabeth Pineau, édité par Sophie Louet)