La Grèce accuse le FMI de retarder les discussions budgétaires

mercredi 23 mars 2016 14h44
 

ATHENES, 23 mars (Reuters) - Un haut responsable du ministère grec des Finances a accusé mercredi le Fonds monétaire international de retarder l'examen des mesures prises en application du dernier plan de sauvetage du pays, qu'Athènes veut boucler rapidement pour pouvoir entamer des discussions sur un allègement de sa dette.

Douchant les espoirs du gouvernement de voir cette première "revue" conclue dès la fin mars, la mission des inspecteurs de l'Union européenne et du FMI a quitté Athènes dès dimanche, après deux semaines et demi de travail.

Bien qu'ils soient censés revenir après les fêtes de Pâques, Athènes juge que cette situation vise à mettre la pression sur le pays, qui doit régler d'importantes échéances de dette en juin et a besoin de nouveaux financements pour régler des arriérés.

"Les institutions, surtout le FMI, sont responsables du sérieux retard pris par la revue", a déclaré Franciscos Koutentakis, secrétaire général du ministère des Finances en charge de la politique budgétaire, ajoutant que la Grèce honorerait ses obligations.

Le FMI décidera si oui ou non il participera au financement du troisième plan de sauvetage d'Athènes après la fin de la mission d'inspection.

"Nous ne savons pas clairement si le FMI veut rester ou partir", a dit Franciscos Koutentakis.

Les discussions avec les créanciers portent notamment sur les réformes de la fiscalité et des retraites qu'Athènes est censé adopter pour avoir droit à de nouveaux prêts et à un allègement de sa dette.

Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a déclaré mercredi à Berlin qu'il faudrait réfléchir à des alternatives si Athènes n'était pas en mesure de réduire encore les dépenses de retraite.

"Si, pour des raisons que nous connaissons, il ne reste plus beaucoup de marge de manoeuvre pour réformer les retraites, alors les trois institutions (UE, BCE, FMI) devront (...), avec le gouvernement, travailler sur d'autres solutions", a-t-il dit à des journalistes.

"Le débat sur la soutenabilité de la dette est malheureusement un débat sur un sujet qui n'est pas urgent", a-t-il ajouté, jugeant plus pressant de renforcer la compétitivité et de mettre en oeuvre des réformes structurelles. (Lefteris Papadimas, avec Paul Carell et Gernot Heller à Berlin, Véronique Tison pour le service français)