Nouy (BCE) juge "raisonnables" les provisions des banques

mardi 22 mars 2016 12h05
 

FRANCFORT, 22 mars (Reuters) - Les provisions pour créances douteuses des banques de la zone euro sont "raisonnables", a déclaré mardi Danièle Nouy, la présidente du conseil de supervision de la Banque centrale européenne, ajoutant que l'institution prendrait en compte les difficultés des établissements concernés dans l'assainissement de leur bilan.

La BCE a fait du traitement des créances douteuses des établissements de crédit l'une de ses priorités pour 2016 et elle a lancé un examen de la manière dont les banques procèdent en la matière.

Les craintes de voir les autorités imposer à certaines d'entre elles de nouvelles provisions ou des pertes sur une partie de leurs créances ont contribué à la baisse des valeurs du secteur en janvier et février, notamment dans les pays, comme l'Italie, où le niveau de créances douteuses est particulièrement élevé.

"Nous avons provisionné à un niveau raisonnable ces expositions non-performantes et cela nous fournit une base solide pour (...) traiter ces questions", a déclaré Danièle Nouy devant la commission des Affaires économiques et du Parlement européen.

"Nous prenons bien sûr en compte la difficulté de la situation mais il s'agit de quelque chose qui est tout à fait réalisable", a-t-elle ajouté.

Elle a écarté l'hypothèse d'une dépréciation massive et généralisée des créances douteuses, estimant qu'elle serait inefficace et qu'elle créerait un précédent dangereux.

"Faut-il une dépréciation massive ? Je suis sceptique à ce sujet parce que je ne crois qu'un outil unique puisse répondre à des situations différentes", a-t-elle dit.

Danièle Nouy a également réaffirmé sa crainte de voir la faiblesse actuelle des taux d'intérêt peser sur la rentabilité de certaines banques et limiter leur capacité à générer des fonds propres.

"La faible rentabilité est un motif de préoccupation pour les superviseurs parce qu'elle peut avoir un impact sur la soutenabilité à moyen terme de certains modèles économiques", a-t-elle déclaré.

"Certaines institutions pourraient avoir des difficultés à générer des fonds propres et avoir un accès limité aux marchés financiers", a-t-elle ajouté.

(Francesco Canepa et John O'Donnell; Marc Angrand pour le service français, édité par Véronique Tison)