L'incertitude, principal risque à court terme d'un Brexit-Moody's

mardi 22 mars 2016 01h14
 

LONDRES, 22 mars (Reuters) - Si la Grande-Bretagne décidait de quitter l'Union européenne (UE) à l'issue du référendum du 23 juin, cela créerait une incertitude prolongée aux implications négatives pour le crédit de certaines entreprises britanniques et pour le secteur des services, estime Moody's Investors Service.

L'agence de notation évoque en particulier les entreprises manufacturières et celles des secteurs de l'automobile, de l'alimentaire et des boissons.

"Il est probable que beaucoup d'entreprises réduiraient leurs investissements jusqu'à ce que les implications d'un 'Brexit' deviennent claires pour le commerce, l'investissement, la réglementation et le coût du travail", explique Moody's dans un communiqué.

Toutefois, il faudrait peut-être deux ans au moins pour que Londres ne soit plus officiellement partie au Traité de l'UE, "période durant laquelle Moody's estime que les négociations progresseraient vers des accords d'un autre type".

Cette période de transition donnerait également du temps aux entreprises pour s'adapter à un environnement opérationnel post-Brexit.

"A plus long terme, il pourrait y avoir des modifications de rating plus marquées s'il s'avérait qu'un Brexit soit réellement néfaste au commerce, à l'investissement ou au coût du travail et, en dernier lieu, à la rentabilité des entreprises", observe Richard Morawetz, analyste de Moody's et auteur du rapport sur les conséquences d'un Brexit pour la Grande-Bretagne.

Il ajoute toutefois que Londres et l'UE s'arrangeraient sans doute pour en minimiser les conséquences au vu des fortes relations commerciales existantes.

Selon une étude réalisée pour la Confédération britannique de l'Industrie (CBI), un Brexit pourrait coûter à la Grande-Bretagne 100 milliards de livres (128 milliards d'euros) et 950.000 emplois d'ici 2020. (David Milliken; Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Bertrand Boucey)