Le Français Jean-Sébastien Jacques promu à la tête de Rio Tinto

jeudi 17 mars 2016 19h24
 

SYDNEY, 17 mars (Reuters) - Le Français Jean-Sébastien Jacques, responsable de la branche cuivre et charbon de Rio Tinto , a été nommé jeudi à la direction générale du géant minier en remplacement de l'Australien, Sam Walsh, une décision qui reflète une réorientation du groupe, longtemps tourné en priorité sur le minerai de fer.

Sam Walsh, 66 ans, a été placé à la tête du groupe il y a trois ans après le départ soudain de son prédécesseur Tom Albanese. Ancien dirigeant du secteur automobile, il venait de la division minerai de fer. Il était considéré comme une valeur sûre pour sortir le groupe d'une situation délicate à la suite d'une série d'investissements qui avaient mal tourné.

Sam Walsh a abaissé les coûts de production de la principale activité de minerai de fer de Rio Tinto mais le groupe anglo-australien s'est rapidement trouvé confronté à la chute des cours des métaux qui a fait plonger les comptes dans le rouge en 2015.

Plus récemment, sous la pression des agences de notation, il a diminué le dividende qu'il avait promis de ne jamais réduire.

Jean-Sébastien Jacques, qui prendra officiellement ses fonctions en juillet, a été salué par les analystes pour avoir mené à bien quelques projets difficiles tels que celui d'Oyu Tolgoi en Mongolie. Il deviendra le premier spécialiste du cuivre depuis des dizaines d'années à prendre les rennes d'un groupe dont les résultats dépendent à près de 90% du minerai de fer.

Rio est confronté depuis quelques mois à la pression des investisseurs en faveur d'un rééquilibrage de ses activités, dans un contexte morose pour le marché et l'industrie sidérurgique.

Les qualités de stratège et de négociateur de Jean-Sébastien Jacques pourraient placer le groupe en bonne position pour profiter des opportunités de rachat d'actifs. Dans un marché où de nombreux concurrents de taille moyenne, voire plus grands, sont à la peine, des milliards de dollars de mines sont mises en vente.

"Il est clair que le conseil voulait du sang neuf. Sam Walsh avait une grande aversion au risque et était très critique vis-à-vis de la direction prise par Rio dans le passé en termes d'investissements", dit l'analyste Hunter Hillcoat d'Investec.

"Peut-être ce changement reflète-t-il l'intention du conseil (d'administration) de prendre une voie intermédiaire", ajoute-t-il. (James Regan et Sonali Paul; Juliette Rouillon pour le service français, édité par Patrick Vignal)