Valeant-Les créanciers en passe de durcir leurs exigences-sources

jeudi 17 mars 2016 16h22
 

NEW YORK, 17 mars (LPC/Reuters) - Les créanciers de Valeant Pharmaceuticals International , qui est en violation de ses conventions de prêts depuis mercredi, s'apprêtent à fixer de nouvelles conditions, plus exigeantes, qui pourraient compliquer encore son modèle de croissance, apprend-on de trois sources proches du dossier.

Valeant a évoqué mardi l'hypothèse d'un défaut de paiement sur sa dette de 30 milliards de dollars (26,5 milliards d'euros) lié au report de la publication de ses comptes.

Le groupe pharmaceutique canadien, qui fait l'objet de plusieurs enquêtes concernant ses pratiques commerciales et comptables, a également revu mardi en forte baisse ses prévisions de résultat et chiffre d'affaires 2016.

Ces annonces ont provoqué une chute de plus de 50% du cours de l'action Valeant, dont la capitalisation boursière est tombée à 11,4 milliards de dollars, aggravant les inquiétudes concernant son modèle économique qui s'appuie largement sur la croissance externe financée par de la dette à bas coût.

L'action perdait encore 7,5% jeudi vers 15h00 GMT à Wall Street.

Le titre est tombé à 31,13 dollars par rapport à son pic de 263,70 dollars atteint en août, durement affecté par des soupçons autour des fortes hausses du prix de ses médicaments et de ses liens avec le réseau de pharmacies Philidor Rx.

Le risque de défaut de paiement donne aux créanciers l'occasion de tenter de renégocier des éléments clés de leurs conventions de prêts avec Valeant - y compris des taux d'intérêt plus élevés - ce qui risque d'alourdir le coût du crédit de la société et de restreindre sa capacité à mobiliser ses fonds propres pour investir, précise-t-on de mêmes sources.

Valeant a refusé de commenter ces informations.

Dans le cadre de ses accords avec ses banquiers, Valeant a jusqu'au 30 mars pour publier ses comptes. Si le groupe n'y parvient pas, il dispose ensuite de 30 jours avant que les créanciers puissent exiger des remboursements accélérés.

Le groupe canadien a dit qu'il rencontrerait ses banquiers la semaine prochaine pour leur demander de reporter cette échéance.

Mardi, son directeur général, Michael Pearson, a déclaré qu'il espérait au mieux pouvoir publier les comptes annuels en avril mais qu'il ne pouvait pas le garantir. (Rod Nickel et Caroline Humer; Juliette Rouillon pour le service français, édité par Patrick Vignal)