La CGT chahute Macron lors d'une visite de centrale d'EDF

jeudi 17 mars 2016 12h25
 

CIVAUX (Vienne), 17 mars (Reuters) - La CGT a interpellé jeudi Emmanuel Macron lors d'une visite de la centrale nucléaire de Civaux (Vienne), le syndicat reprochant notamment au ministre de l'Economie d'imputer en partie les difficultés d'EDF aux salariés de l'électricien public.

Comme d'autres syndicats, la CGT demande en outre un report du projet d'EDF d'investir dans la construction de deux réacteurs nucléaires de type EPR à Hinkley Point, dans le sud-ouest de l'Angleterre, qui pourrait être validé le 30 mars.

Plus d'une centaine de militants s'étaient réunis devant l'entrée principale de la centrale de Civaux jeudi matin et ont hué le ministre à son arrivée.

Sébastien Menesplier, secrétaire général adjoint de la fédération CGT mines et énergie, a jugé "inadmissibles" les récents propos d'Emmanuel Macron sur les salariés d'EDF et exigé des excuses de sa part.

Le ministre a estimé la semaine dernière à l'Assemblée nationale que "très longtemps le compromis social sur EDF a été fait aux dépens de tout le monde pour l'intérêt uniquement des salariés".

"(Hinkley Point) mettra à mal l'entreprise. On ne dit pas qu'il ne faut pas le faire, mais il faut le reporter. C'est trop prématuré", a également déclaré Sébastien Menesplier à Reuters.

Dans une lettre aux salariés, le PDG d'EDF a expliqué la semaine dernière qu'EDF ne s'engagerait définitivement dans les EPR d'Hinkley Point que si l'Etat français sécurisait sa situation financière.

Jean-Bernard Lévy a ainsi tenté d'apaiser les tensions quelques jours après la démission du directeur financier d'EDF, Thomas Piquemal, qui souhaitait un report du feu vert au projet de 18 milliards de livres sterling (23 milliards d'euros environ) en invoquant les risques pour le bilan du groupe.

Emmanuel Macron devait rencontrer les syndicats de la centrale de Civaux jeudi en fin de matinée. (Geert De Clercq, Benjamin Mallet pour le service français, édité par Jean-Michel Bélot)