France-Le Foll justifie la hausse de l'indice des fonctionnaires

jeudi 17 mars 2016 09h43
 

PARIS, 17 mars (Reuters) - Stéphane Le Foll a justifié jeudi la hausse du point d'indice des fonctionnaires que s'apprête à annoncer le gouvernement, estimant qu'on pouvait aujourd'hui redistribuer les fruits des efforts réalisés en début de quinquennat.

Le porte-parole du gouvernement, qui s'exprimait sur BFM TV a toutefois refusé de confirmer son ampleur, même s'il a reconnu que son interlocuteur Jean-Jacques Bourdin, qui évoquait une hausse de 1,2% en deux temps, était "en général pas mal informé".

"Il est normal qu'au bout de six ans ce geste soit fait", a-t-il dit en référence au gel en vigueur depuis six ans du point d'indice des fonctionnaires.

"Dans ce quinquennat, il y a une phase où on a demandé des efforts et il y a une phase où peut redistribuer les fruits des efforts qui ont été faits", a-t-il ajouté.

La ministre de la Fonction publique, Annick Girardin, doit annoncer la décision du gouvernement jeudi matin aux syndicats de la fonction publique.

Alors que le point d'indice des fonctionnaires est gelé depuis 2010, le Premier ministre Manuel Valls a évoqué cette semaine, en pleine contestation contre le projet de réforme du Code du travail, un "geste significatif" en leur direction.

Une hausse de 1,2% du point d'indice des 5,64 millions de fonctionnaires français aurait un coût de plus de deux milliards d'euros, dont près de la moitié pour le budget de l'Etat, au moment où la France est toujours sous la surveillance de l'Union européenne pour ses déficits.

Le gouvernement multiplie les annonces de nouvelles dépenses depuis le début de l'année, avec le plan sur l'emploi, les nouvelles aides aux éleveurs et plus récemment la généralisation de la garantie jeunes.

Mais le ministre des Finances, Michel Sapin, a réaffirmé mercredi que l'objectif d'un déficit public ramené à 3,3% de la richesse nationale cette année serait tenu, alors que la marque attendue pour 2015 devrait être inférieure aux 3,8% programmés du fait de déficits moindres que prévu pour le budget et de l'Etat et celui de la sécurité sociale.

"Nous faisons mieux et nous avons la possibilité, sans renoncer à nos objectifs de déficit public, de financer un certain nombre de dépenses nouvelles", a-t-il dit (Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)