GESTION-La prise de risque a profité aux fonds français en février

mardi 15 mars 2016 13h47
 

* Quatre des principaux pays producteurs de pétrole
s'accordent pour geler leur production
    * Anticipations des mesures de la BCE
    * Les fonds commercialisés en France ramènent leur recul à
-2,66%

    par Alexandre Boksenbaum-Granier
    PARIS, 15 mars (Reuters) - Les fonds commercialisés en
France ont réduit au mois de février les pertes accumulées en
tout début d'année à la faveur d'une remontée de l'appétit pour
le risque après un accord trouvé entre quatre des principaux
pays producteurs de pétrole pour geler leur production.
    Les gestions vendues en France ont ramené leur recul cumulé
sur les deux premiers mois de l'année à 2,66%, après avoir
abandonné 3,54% sur le seul mois de janvier, montrent des
données compilées par Lipper, filiale de Thomson Reuters.
    "Après un début d'année difficile, les cours ont commencé à
remonter avec comme premier catalyseur un accord entre certains
pays producteurs de pétrole sur la production pétrolière. Le
marché a également profité de l'accord européen avec David
Cameron sur le Brexit ainsi que d'une atténuation des craintes
sur la Chine", explique Dylan Baron, gérant actions chez
Quilvest AM.
    "La baisse du début d'année a été excessive car il n'y a pas
d'éléments aussi inquiétants que lors de la crise de 2011, il y
a des filets de sécurité sur les banques aujourd'hui qui
n'existaient pas à l'époque et du côté de la Chine, si son
économie ralentit, elle est surtout en pleine transition
économique, ce n'est pas la catastrophe que certains craignent",
ajoute-t-il. 
    L'Arabie saoudite, la Russie, le Qatar et le Venezuela ont
annoncé mi-février s'être accordés pour geler leur production de
brut mais à condition d'être suivis par d'autres grands
exportateurs, un point de blocage potentiel majeur avec l'Iran
puisque Téhéran entend au contraire augmenter ses pompages.
 
    
    VOLATILITÉ 
    Soutenu par cet accord et l'espoir d'un gel plus large au
niveau de la production mondiale, l'indice SBF 120 dividendes
réinvestis a bondi de 11,38% entre les 11 et 29 février
après avoir perdu 15,7% depuis le début de l'année.
    Les gestions investies dans les obligations des marchés
émergents ont pleinement profité de l'accord conclu le mois
dernier et de la stabilisation des cours du pétrole qui en a
résulté, avec un gain cumulé de 1,72% sur janvier-février,
contre une baisse de 0,5% lors du premier mois de l'année.
    L'ensemble des fonds obligataires vendus en France
n'affichent plus qu'un recul de 0,21% sur les deux premiers mois
de 2016, contre -0,5% en janvier.
    En Europe, "les marchés de taux ont rebondi en réaction aux
anticipations selon lesquelles la BCE pourrait surprendre le
marché avec de nouvelles mesures", ajoute dans sa dernière note
Muzinich & Co.
    La BCE a annoncé la semaine dernière avoir décidé de
mobiliser l'ensemble des outils à sa disposition pour stimuler
l'inflation et le crédit, réduisant ses trois taux directeurs,
augmentant ses achats de dettes sur les marchés et promettant
aux banques de nouveaux financements. 
    Les fonds actions ont également profité de ces anticipations
et du regain d'optimisme sur les marchés avec un repli limité à
4,47% à fin février, contre -6,22% un mois plus tôt.
    "Ce qui est certain c'est que l'on va avoir de la volatilité
car il y a la problématique de la faiblesse des taux et le
manque de liquidité qui amplifie les mouvements", prévient Rémi
Lelu de Brach, gérant taux chez Quilvest AM.
    "Avec les taux bas, on est obligé d'aller chercher du risque
pour avoir du rendement. Mais dès qu'il y a des tensions sur le
marché, les investisseurs cherchent à sortir rapidement car ils
n'ont pas assez de rendement pour absorber une baisse des
cours", constate-t-il.
    Les fonds obligataires français ont d'ailleurs enregistré
une décollecte de 585,41 millions d'euros en février, dont
356,24 millions d'euros de sorties sur les seules gestions en
euro, selon EuroPerformance.
    Du côté des gestions actions, la collecte a été limitée à
173,8 millions d'euros, quand elle atteint 2,64 milliards pour
l'ensemble du marché français de la gestion collective grâce au
fonds de trésorerie (+2,66 milliards d'euros), indique l'agence
spécialisée dans la mesure de l'analyse de la performance des
fonds d'investissement européens.
       
    
    TABLEAU DE LA PERFORMANCE DES FONDS À FIN FÉVRIER  
 Catégorie    Nombre  YTD    Jan-16  Sur un an  Volatilité
 d'actifs                            glissant   sur 3 ans
  ------------------------------------------------------
 Alternatifs     713  -1,28   -0,89      -0,54       10,01
 Obligataire   2.132  -0,21   -0,50      -2,38        6,13
 Matières         30   0,52   -2,27     -25,36       13,05
 premières                                      
 Actions       3.985  -4,47   -6,22     -10,60       18,22
 Diversifié    1.753  -2,68   -3,03      -6,62        8,65
 Monétaire       425  -0,38   -0,19      -0,02        2,00
 Autre            42  -3,36   -3,65      -7,36       11,27
 Immobilier        1                                 11,97
  ------------------------------------------------------
 Total         9.081  -2,66   -3,54      -6,66       12,19
    Source : Lipper IM
    (A l'exception du nombre de fonds, les données sont en %)
    
    LE POINT sur la gestion d'actifs en France 
    

 (Edité par Dominique Rodriguez)