14 mars 2016 / 12:13 / il y a un an

LEAD 2-Safran s'attend à une période de transition d'ici 2020

* Transition due au passage du moteur CFM56 au LEAP

* Safran confirme céder Morpho Detection, discussions en cours

* Les pôles identité et sécurité pourraient être eux aussi vendus

* Safran vise une marge en ligne avec les 14% de 2015 en 2016-2020

* Marge supérieure à 15% et CA de plus de E21 mds en 2020 (Actualisé avec propos du DG et du directeur financier, cours)

par Cyril Altmeyer et Tim Hepher

PARIS/LONDRES, 14 mars (Reuters) - Safran vise pour la période 2016-2020 le maintien d'une marge opérationnelle courante ajustée en ligne avec celle de 14,0% de 2015, pendant la transition entre le moteur CFM56, son produit vedette, et le LEAP.

L'équipementier pour l'aérospatiale, la défense et la sécurité, qui organise lundi une journée investisseurs à Londres, estime qu'à l'issue de cette période de transition, il devrait pouvoir dégager une marge opérationnelle courante supérieure à 15% et un chiffre d'affaires de plus de 21 milliards d'euros (contre 17,4 milliards en 2015).

L'action abandonne 5,93% à 55,69 euros à 12h40 à la Bourse de Paris, accusant la plus forte des cinq baisses du CAC 40 (+0,6%).

Sur la période 2016-2020, pendant laquelle le moteur LEAP produit en coentreprise avec GE va progressivement remplacer le CFM56, Safran espère maintenir la marge de son activité de propulsion au-dessus de 15% notamment grâce au dynamisme des services pour moteurs civils.

"Jusqu'ici, ils anticipaient plutôt du 'high teens' (proche de 20%, NDLR), et là leur formulation est un peu plus prudente : il y a une marche en moins, c'est ça qui fait un peu peur", a expliqué Yan Derocles, analyste chez Oddo Securities.

Le directeur financier Bernard Delpit a expliqué à des journalistes le décalage entre les deux prévisions par les solides ventes de CFM56, qui ont donné un point de comparaison plus élevé.

Depuis la journée investisseurs de juin 2013, le moteur CFM a engrangé plus de commandes à des prix sans aucun doute meilleurs que ce qui paraissait devoir être le cas à l'époque, a-t-il noté.

La phase de transition tient à la baisse progressive des marges tirées du CFM56 d'ici 2019 et aux coûts de démarrage du LEAP, a-t-il ajouté, disant assumer une certaine "prudence" notée par le marché.

Dans l'ensemble, le groupe espère augmenter d'un point par an ses performances opérationnelles dans ses trois branches (équipements, défense, sécurité).

Son cash flow libre, qui devrait représenter en moyenne la moitié de son résultat opérationnel courant ajusté sur la période 2016-2020, devrait ressortir en 2020 en très forte augmentation par rapport aux 974 millions d'euros de 2015.

M&A POSSIBLE DANS LES ÉQUIPEMENTS AÉRONAUTIQUES

Safran a également confirmé discuter de la cession de sa division Morpho Detection avec plusieurs acheteurs et n'a pas exclu de vendre également ses activités d'identité (passeports) et de sécurité (biométrie) à l'issue d'une période d'examen d'au maximum six mois.

"Le futur de Safran se trouve dans l'aéronautique et dans la défense, la sécurité a ses propres caractéristiques", a déclaré le directeur général du groupe, Philippe Petitcolin, lors d'une conférence téléphonique.

L'activité de détection d'explosifs, rachetée à General Electric en 2009, réalise un chiffre d'affaires compris entre 300 et 400 millions de dollars par an mais n'a pas trouvé de synergies avec le reste des activités du groupe dans les aéroports, a-t-il précisé.

En dehors du champ de CFM, son partenariat-clé avec General Electric dans les moteurs d'avion, Safran compte examiner des opportunités de "coopération ciblée" dans les hélicoptères, les moteurs militaires, l'aviation d'affaires et régionale pour compléter le développement de ces activités.

"Dans les équipements aéronautiques, on regarde toutes les opportunités externes qui ont un ADN assez proche du nôtre", a précisé Philippe Petitcolin, disant cibler des équipementiers de rang 1, de haute technologie et avec une activité dans l'après-vente similaire à celle de Safran.

Il s'est refusé à tout commentaire sur un éventuel intérêt pour Zodiac Aerospace, que Safran avait essayé en vain de racheter en 2010.

Les marges de manoeuvre de Safran pour des acquisitions sont "considérables", a précisé de son côté Bernard Delpit à des journalistes, soulignant les perspectives de génération élevée de trésorerie du groupe dans les années à venir.

L'accord attendu de longue date sur la finalisation d'Airbus Safran Launchers, la coentreprise avec Airbus Group dans les lanceurs spatiaux, devrait intervenir "dans les prochaines semaines", a également indiqué Philippe Petitcolin.

"Je n'aurais pas dit cela il y a un mois", a-t-il précisé, confirmant l'indication selon laquelle Safran verserait environ 700 millions d'euros à Airbus Group pour parvenir à une participation à 50/50 dans la coentreprise.

Le communiqué :

bit.ly/1poYh8O (Edité par Dominique Rodriguez)

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