La pol. monétaire n'a pas encore atteint ses limites-Maechler (BNS)

lundi 7 mars 2016 09h06
 

ZURICH, 7 mars (Reuters) - La Banque nationale suisse (BNS) et d'autres banques centrales ont encore de la marge pour assouplir leur politique monétaire, estime Andrea Maechler, membre du directoire de la Banque nationale suisse, dans un entretien publié lundi par le quotidien genevois Le Temps.

La Banque centrale européenne pourrait annoncer jeudi une nouvelle baisse de son taux des dépôts, déjà en territoire négatif, et peut-être aussi renforcer son programme de rachat d'obligations, ce qui accroîtrait la pression sur la BNS qui tente de contenir l'appréciation du franc suisse.

Interrogée sur les attentes qui pèsent sur les banques centrales, Andrea Maechler répond : "Les attentes sont grandes, c'est vrai. Nous n'avons pas atteint les limites de la politique monétaire, mais cela ne veut pas dire qu'elle est illimitée. Par contre, on l'a vu aux Etats-Unis avec l'assainissement rapide des banques et du secteur des crédits : lorsque la politique monétaire est bien soutenue par d'autres actions politiques, elle peut aller plus loin."

La BNS, souligne-t-elle, agit dans l'intérêt général du pays. "Mais c'est un fait : la politique monétaire ne peut pas tout. Elle ne peut pas remplacer les réformes structurelles, elle ne peut pas forcer les entreprises à s'adapter."

La BNS a aussi recours à des taux d'intérêt négatifs et se dit prête à intervenir sur les marchés pour contenir l'appréciation du franc, qui selon Andrea Maechler reste surévalué en dépit de son affaiblissement depuis l'été dernier.

"On avance dans la bonne direction, les taux négatifs jouent leur rôle en rendant la détention de francs moins attractive", explique-t-elle. "Il est difficile de quantifier leur effet, mais il est avéré. On le voit sur les marchés et les banques nous le confirment."

Les interventions restent un des piliers de la stratégie de la BNS même si le franc est moins une valeur refuge qu'auparavant, indique encore Andrea Maechler, qui a été en juillet dernier la première femme à rejoindre le directoire de la banque centrale helvétique.

Elle note que les risques à l'étranger se sont accentués, avec par exemple le référendum à venir sur la sortie ou non du Royaume-Uni de l'Union européenne, empêchant la BNS de "baisser la garde".

En Suisse, le principal risque pour la stabilité financière serait "une correction sur le marché immobilier couplée à une forte hausse des taux d'intérêt", précise-t-elle tout en jugeant ce scénario "improbable". (Mike Shields, Véronique Tison pour le service français)