Les salariés US de Fiat Chrysler rejettent la nouvelle convention

jeudi 1 octobre 2015 18h58
 

DETROIT, 1er octobre (Reuters) - Les employés de Fiat Chrysler Automobiles (FCA) aux Etats-Unis ont massivement rejeté la nouvelle convention collective négociée entre le constructeur et les dirigeants du syndicat United Auto Workers (UAW), a annoncé ce dernier jeudi.

Cet accord était censé servir de modèle de négociations pour les autres grands constructeurs automobiles américains que sont General Motors et Ford. L'accord conclu le 15 septembre a été rejeté par 65% des 40.000 salariés syndiqués de Fiat Chrysler aux Etats-Unis, a dit l'UAW.

Le syndicat peut désormais réclamer à la direction de FCA de revenir à la table des négociations ou engager des discussions avec l'un des deux autres membres des "Big Three".

Il peut aussi choisir de déclencher une grève partielle ou totale dans les usines de Fiat Chrysler aux Etats-Unis, ce que ses représentants locaux ont commencé à préparer cette semaine.

Le président de l'UAW Dennis Williams a dit qu'il allait réunir ces derniers à Detroit ce jeudi pour examiner les suites à donner à ce rejet massif.

La branche américaine de Fiat Chrysler s'est dite "déçue" par le résultat du vote. "L'entreprise va prendre des décisions (...) fondée sur la réussite de nos objectifs industriels et elle est impatiente de poursuivre le dialogue avec l'UAW", a-t-elle réagi dans un communiqué.

L'accord conclu le 15 septembre devait ouvrir la voie à la suppression de la grille salariale "à deux vitesses" appliquée pour l'instant: dans la convention collective actuelle, les salariés syndiqués les plus récemment embauchés sont en effet payés au maximum 19,28 dollars de l'heure, contre 28 dollars de l'heure pour les plus anciens.

Sergio Marchionne, administrateur délégué de FCA, disait alors que le projet d'accord pouvait aussi permettre de réduire les coûts de protection santé du groupe et qu'il pourrait ouvrir la voie à une mutualisation des dispositifs de protection santé des "Big Three" de Detroit. (Bernie Woodall, avec Arunima Banerjee à Bangalore; Bertrand Boucey pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)