1 octobre 2015 / 15:55 / dans 2 ans

Emergents-Premières sorties nettes de capitaux depuis 1988-IIF

par Karin Strohecker

LONDRES, 1er octobre (Reuters) - Les sorties de capitaux des pays émergents dépasseront cette année les entrées pour la première fois depuis 1988 avec une réduction de moitié de l‘investissement étranger par rapport au niveau de 2014 et des sorties massives de fonds, prévient l‘Institute of International Finance (IIF).

Les flux de l‘investissement étranger dans les émergents ne devraient pas dépasser 548 milliards de dollars (490 milliards d‘euros) contre 1.074 milliards l‘année dernière, selon un rapport publié jeudi par l‘IIF.

Ce montant représente seulement 2% du produit intérieur brut des pays en développement contre un pic à 8% en 2007, relève l‘organisme qui regroupe les grands acteurs de la finance mondiale.

“Le déclin a été alimenté par le ralentissement durable de la croissance des émergents et en particulier par l‘incertitude sur l‘économie chinoise dans un contexte d‘inquiétudes persistantes sur les conséquences d‘une éventuelle décision de la Reserve fédérale de relever les taux d‘intérêt”, note l‘IIF.

De nombreux pays émergents ont subi une forte chute de leur marché actions, de leur monnaies et de leur marché obligataire.

Le retrait des investisseurs des marchés actions et obligataires a pesé sur les investissements de portefeuille tandis que les flux d‘investissement direct ont diminué du fait du ralentissement de la croissance.

Les sorties nettes des fonds de placement collectif investis en actions et obligations émergentes totalisent près de 100 milliards de dollars depuis le début de l‘année, selon Bank of America Merrill Lynch.

Le champ des données de l‘IIF est plus large puisqu‘elles intègrent aussi bien l‘investissement direct étranger que les financements bancaires et les investissements de portefeuille. Le rapport de l‘IIF couvre par ailleurs 30 pays émergents.

Si les flux entrants dans les émergents diminuent, les sorties de capitaux par des résidents ont en revanche accéléré et devraient atteindre 1.089 milliards de dollars cette année, ce qui accentue les pressions baissières sur les réserves de change, les taux de change et les prix des actifs, selon l‘IIF.

En conséquence, les pays émergents subiront des sorties nettes de capitaux de 540 milliards de dollars cette année. Et elles devraient encore être de 306 milliards de dollars l‘année prochaine, selon les calculs de l‘IIF.

Les conséquences des sorties de capitaux sur les devises de nombreux pays émergents qui ont perdu plus de 25% de leur valeur pour certaines d‘entre elles, comme le real brésilien, la hvrynia ukrainienne ou le peso colombien, se répercutent sur la dette en devise des entreprises émergentes.

La dette des entreprises non financières des pays émergents atteint 27.000 milliards de dollars et a progressé de l‘équivalent de 30% du PIB au cours des cinq dernières années, a dit Hung Tran, le directeur exécutif de l‘IIF.

“Tous les travaux de recherche montrent que le rythme d‘endettement joue un rôle déterminant dans la qualité de la dette et la probabilité de la crise (de la dette)”, a-t-il ajouté.

Il a toutefois souligné qu‘un ralentissement prolongé de la croissance était plus vraisemblable qu‘une crise financière soudaine en raison de la solidité relative des finances publiques de la plupart des pays émergents, contrairement aux situations de crise précédentes. (Marc Joanny pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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