September 29, 2015 / 2:16 PM / 2 years ago

LEAD 2-Glencore tente de rassurer sur sa santé financière

5 MINUTES DE LECTURE

(Actualisé avec commentaires et cours de clôture)

par Olivia Kumwenda-Mtambo et Lionel Laurent

JOHANNESBURG/LONDRES, 29 septembre (Reuters) - Le géant des mines et du négoce de matières premières Glencore a assuré mardi qu'il était assez solide pour faire face à la volatilité actuelle sur les marchés de matières premières, une affirmation qui a permis à son action de rebondir en Bourse.

Le titre avait chuté de près de 30% lundi, tombant à son plus bas niveau historique en raison des craintes sur la capacité du groupe à réduire suffisamment sa dette pour supporter l'impact de la baisse prolongée des cours des métaux.

A la clôture à Londres mardi, il affichait un gain de 16,95% à 80,25 pence, la plus forte hausse de l'indice européen Stoxx 600.

"Nous avons un flux de trésorerie positif, une bonne liquidité et absolument aucun problème de solvabilité", a déclaré dans un communiqué un porte-parole du groupe, dont le siège est en Suisse. "Glencore n'a pas de clauses restrictives liées à ses dettes et dispose toujours de lignes de crédit solides et d'un accès sûr aux financements."

Le directeur général du groupe Ivan Glasenberg, cédant aux pressions de certains actionnaires, a annoncé au début du mois un plan de mesures visant à réduire la dette, qui avoisine 30 milliards de dollars, et à éviter une dégradation de ses notes de crédit après la chute des cours de ses principaux produits, le cuivre et le charbon.

Ces mesures incluent la suspension du dividende, la vente de certains actifs et une augmentation de capital de 2,5 milliards de dollars, bouclée sans difficulté particulière il y a deux semaines.

L'objectif affiché du groupe est de réduire d'un tiers son endettement net d'ici la fin 2016.

Une Sortie De La Bourse jugée Impossible à Financer

Pour certains observateurs, les dirigeants du groupe, dont certains sont devenus milliardaires lors de l'introduction en Bourse de 2011, d'un montant de 10 milliards de dollars, pourraient aujourd'hui envisager de le sortir de la cote.

Les analystes de Citi estiment ainsi que Glencore doit envisager une telle sortie par le biais d'un "management buyout" (MBO), un rachat par les dirigeants financé par l'endettement. Une telle option faciliterait la restructuration du groupe et d'éventuelles scissions d'actifs.

"Dans le cas où le marché actions continuerait d'exprimer sa mauvaise volonté en refusant de valoriser correctement la société, la direction de l'entreprise devrait retirer l'entreprise de la cote afin que des mesures de restructuration puissent être prises facilement et rapidement", écrivent les analystes de Citi dans une note à leurs clients.

Mais des banquiers connaisseurs du secteur jugent pratiquement impossible la mise en oeuvre d'un tel projet faute de financements. "Comment, sur un marché où tout le monde pense que vous êtes trop endetté, allez-vous augmenter votre endettement?", résume l'un d'eux.

Glencore pourrait donc choisir d'aller, en matière de cessions, au-delà des annonces du début du mois, a dit une source bancaire, ajoutant que l'option d'une scission du groupe et celle d'un rachat des seules activités de négoce restaient possibles bien que peu probables.

Trois hauts dirigeants du groupe figurent parmi ses 10 principaux actionnaires, dont Glasenberg avec 8,42%, selon les données Thomson Reuters. Les dirigeants ont souscrit à hauteur de 22% à l'augmentation de capital d'il y a deux semaines, au prix unitaire de 125 pence. Le titre a chuté de plus d'un tiers depuis.

Pour Myles Allsop, analyste d'UBS, le groupe pourrait, si une offre sérieuse se présentait, choisir de céder la totalité de ses actifs dans l'agriculture, et pas seulement une part de celles-ci comme prévu jusqu'à présent.

"Ces types-là sont très pragmatiques: s'ils peuvent lever 10 à 12 milliards de dollars en vendant l'agri pour résoudre tous leurs problèmes de bilan, ils l'envisageront sérieusement."

Glencore s'est refusé à tout commentaire sur cette éventualité mais une source proche du groupe a dit qu'une éventuelle offre intéressante serait bien étudiée.

La division agricole du groupe, présente entre autres dans les céréales, les oléagineux, le coton et le sucre, a racheté il y a trois ans Viterra, premier négociant de céréales du Canada, pour 6,1 milliards de dollars canadiens. (Olivia Kumwenda-Mtambo; Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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